Archive pour mars 2010

Agriculture biologique

Ne mélangeons pas tout ! Si la mention « Vin Bio » fait l’objet d’une certaine réserve de notre part, il n’en est pas de même s’agissant des vins issus de l’agriculture biologique. En voici une explication !

Dans les années 60, les fabricants d’engrais ont mis en place des campagnes marketing et commerciales extraordinaires pour organiser la promotion des pesticides et fertilisants chimiques.  Les méthodes étaient géniales, car elles permettaient d’avoir un rendement assuré (ou presque) avec des traitements assez simples. Fini les labours et les passages incessants. La mécanisation permettant aux vignes d’être traitées contre les pucerons, mauvaises herbes, champignons, etc.

De nos jours, l’ensemble des populations qui cultivent les vignes sont conscientes des limites et des ravages provoqués par l’agriculture dite industrielle. Les écoles et organismes de formation, les chambres d’agriculture, les syndicats professionnels, et autres organismes se chargent d’informer et d’instruire les vignerons et viticulteurs pour mettre en place des méthodes plus en rapport avec l’écologie. On parle alors d’agriculture raisonnée ou d’agriculture biologique. Nous sommes tous gagnants sur cette évolution. La mise en œuvre  d’engrais et pesticides chimiques appelle une augmentation continuelle des doses. Les terrains sont gorgés de substances que le ruissellement naturel n’arrive plus à éliminer.

Ici encore, nos discussions dans le vignoble français, nous permettent d’affirmer que la quasi-majorité des producteurs de vin de qualité (et notamment de vin de garde) ont réalisé, sinon entamé une reconversion ! Certains terroirs se prêtent mieux que d’autres à l’application de ces méthodes appelées Agriculture Raisonnée (Label Terra Vitis), Agriculture Biologique (Label Ecocert) et Agriculture en Biodynamie (Label Demeter).

Une large partie des vignobles de Champagne, de la Loire, les Grands Châteaux du Bordelais sont passés à l’agriculture biologique, et pour certains d’entre eux à la biodynamie. L’inéluctable  contagion se propage.

De façon générale, les producteurs de vin en pratiquant une agriculture biologique ont vu une amélioration sensible de la qualité de leur produit fini. Les labours et les lignes d’herbe que l’on voit repousser entre les rangées de vignes forcent les racines à puiser plus profondément dans le sol.  Les racines s’enfonçant profondément vont chercher dans le sous-sol  ce qu’ils trouvent de mieux et chargent le fruit en matière concentrée. Les coccinelles et papillons sont de retour et s’occupent d’éliminer les pucerons et autres matières vivantes nuisibles à la vigne…. La vie est de retour et le vin meilleur – il redevient encore plus le reflet d’un sous-sol et d’un terroir.

Mieux encore, les terres sont plus aérées et la rétention d’eau ou d’humidité est supérieure. Les sols se protègent mieux des stress hydriques que nous réserve le réchauffement climatique.

Last, but not least, les engrais de substitution coûtent moins cher que les engrais chimiques. Mais s’agissant d’un bilan économique, il convient de rester prudent. La mise en œuvre d’une agriculture « écologique » exige souvent une présence plus significative dans la vigne et des couts de main d’œuvre plus élevés.

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Tous les amateurs de vins qui rêvent d’une cave souhaitent généralement avoir à portée de main la cave et les bouteilles, sorties des cartons et joliment alignés dans les racks. Et pourtant de plus en plus de services de stockage mutualisé pour bouteille de vins sont proposés au consommateur ? Regardons plus précisément l’intérêt pour le particulier de ce genre de service .

1. La sécurité tout d’abord : le vin et surtout les grands crus sont des produits faciles à revendre. Selon les compagnies d’assurance que nous avons interrogés, les « serial-buyers » de vins et de grands crus sont tôt ou tard identifiés. Ils deviennent une cible par des bandes organisées. La cave à vin doit à présent faire l’objet d’une assurance spécifique, car les compagnies d’assurance sont de plus en plus réticentes pour assurer un stock de produit difficile à évaluer – tant en quantité qu’en valeur. Si un cambrioleur entre dans votre résidence pour la cave à vin, il n’en profite pas moins pour visiter les autres pièces.

2. La place : on peut tout d’abord avoir envie de se constituer une cave sans avoir la place. Ceci est d’autant plus vrai pour les expatriés au départ qui quittent leur résidence. Que faire des bouteilles ? Ou les stocker de façon sécurisée ? C’est également vrai des citadins qui n’ont pas de cave pour entreposer les bouteilles, et enfin de tous les quadragénaires qui se séparent de leur conjoints et doivent réduire la taille de leur habitation.

3. La qualité de conservation : avec le réchauffement climatique et les variations brutales de la météo, une grande majorité de caves de propriétaires de maisons particulières deviennent de moins en moins adaptées à la conservation. Or les vins de garde, n’aiment ni les variations de température, ni les températures supérieures à 18°C : ce sont des facteurs de vieillissement prématuré, qui altèrent profondément le vin, ses arômes, sa structure, etc.. Les vins blancs et les pinots noirs sont encore plus sensibles que les autres. La bonification d’un vin dépend étroitement de la qualité des conditions de conservation.

Confier le stockage de ses vins sur un chai de garde professionnel, permet de ne conserver chez soi que les vins de consommation immédiate – à moindre valeur, et à plus forte rotation. Il n’est plus nécessaire, dans ces conditions, de contracter une assurance spécifique. Les grands crus que vous achetez vieillissent progressivement dans les meilleures conditions de bonification : vous pourrez les sortir au fur et à mesure de vos besoins et les déguster quand ils sont au meilleur de leur potentiel.

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De nombreux clients nous réclament des vins bio et souhaitent d’ailleurs que nous ayons une rubrique Vins Bio à la boutique.

Nous comprenons bien la finalité et l’intérêt du consommateur pour ce produit. Mais comment voyons-nous la chose chez Cavissima ?

Tout d’abord, il convient de noter que l’INAO a annoncé la préparation d’une toute première version de ce qui sera le cahier des charges de la norme  « Vin Bio » !  En effet à ce jour n’importe qui peut déclarer son vin, sous ce vocable, les règles ne sont pas encore définies. Les seules normes Bio qui existent s’attachent à la viticulture. Nous le verrons plus loin.

Souvent une confusion est faite entre  « Vin Bio » et « Vin Naturel ». Pour déclarer son « Vin Naturel », un producteur de vin doit nécessairement éviter l’ajout de sulfites. Les sulfites sont des substances que l’on retrouve à l’état naturel dans le vin, mais une concentration plus importante permet de « stabiliser » le vin. C’est un antiseptique et un antioxydant qui retarde le vieillissement prématuré du vin.  Il n’existe pas de substitut moins toxique à cet agent qui a, de tous les temps été utilisé. Autrefois les vins trop sulfités étaient responsables d’un mal de crâne.

Il faut noter, que depuis une bonne dizaine d’année, la quantité de sulfites mise en œuvre dans les vins de qualité supérieure (AOC, IG, etc.) a été fortement réduite.  Ces vins  font à présent l’objet de travaux menés par des œnologues et des laboratoires. D’une part, on a appris à mieux en doser la quantité, d’autre part on sait mieux quand l’introduire et comment le combiner au vin pour  optimiser son efficacité. Aujourd’hui  la mention « contains sulfites » ou « contient des sulfites » est obligatoire. Un logo représentant une femme enceinte est associé à cette mention. La contre-étiquette servira souvent à loger ces indications.

Notons bien que les mêmes sulfites se retrouvent dans les produits alimentaires sous un numéro E220, dans des proportions équivalentes à celles du vin, et que pour ces produits la mention « contient des sulfites » n’est pas obligatoire sur l’emballage !

A mon goût, un vin sans sulfite est rarement bon. Imaginez du pain sans sel ! Selon nos informations, la future norme sur les vins BIO autorisera l’utilisation des sulfites et en fixera la limite. Et bien cher lecteur, soyez rassurés ! Tous les producteurs de vins que nous avons visité et interrogé certifient être déjà largement en dessous du futur seuil toléré.  La qualité est au cœur des priorités de nos producteurs.

Buvons peu, buvons bien !

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Domaine des Vins de Vienne

La fabuleuse histoire de trois grands producteurs de la Vallée du Rhône qui font renaître de ses cendres le célèbrissime et oublié terroir de Seyssuel !

C’est Pierre Gaillard, le premier des trois qui s’est rendu sur les coteaux de Seyssuel. Il voulait voir la terre. Les anciens de Ternay (commune situĂ©e entre Lyon et Vienne) lui racontaient dans sa jeunesse que  ce vignoble abandonnĂ© Ă©tait autrefois l’un des meilleurs de la rĂ©gion. Il avait d’ailleurs profitĂ© de ses Ă©tudes Ă  Beaune pour retrouver les Ă©crits de l’historien Olivier de Serres, dans la grande encyclopĂ©die – le ThĂ©atre de l’Agriculture.  Il retrouve alors les textes de Pline l’Ancien et se fait adresser les Ă©crits de Faugères de Saint Fons (1650) sur ce fameux vignoble, et confirme que les Vins de la rĂ©gion de Seyssuel Ă©taient parmi les plus prestigieux de tout l’Empire Romain. Au 17ème siècle, ils Ă©taient jugĂ©s de qualitĂ© supĂ©rieure Ă  ceux de la CĂ´te RĂ´tie. Du temps des Romains, les vins portaient le nom de Taburnum, Sotanum et Heliucum.

Pierre Gaillard en parle alors à François Villard, son ami. Tous deux retournent inspecter les coteaux et procèdent à une petite étude du sol et du sous-sol. Ils confirment leurs observations :  un sol composé d’argile et de schistes et un sous-sol de mica-schistes merveilleusement orientés, une exposition plein sud avec le soleil depuis la première heure de la journée, et un micro-climat que favorise la largeur du Rhône et la déclivité du coteau sur cette boucle du Rhône, protégée des vents du Nord. Voici des conditions idéales, pour faire du vin d’exception !

Car voyez, nous ne sommes qu’à une vingtaine de kilomètres de Lyon, sur la rive gauche du fleuve. Depuis l’autoroute A7, tournez la tête et retrouvez le château de l’Archevêque en ruine au milieu des vignes. C’est ici le cœur du vignoble de Seyssuel !

Comment explique-t-on le lent déclin de ce vignoble ?

Au 19ème siècle, les vins de Seyssuel sont très réputés. Ils se vendent à Lyon. Ce sont des vins de qualité. Ils sont chers à la vente et chers à la production. Le coteau fait parfois 50° et le travailler demande d’être attaché. Le phylloxera n’épargnera pas ce vignoble. Il faudra le reconstruire. Dans cette région, on choisit alors de replanter en pieds hybrides plutôt que de procéder à de la greffe de Syrah sur pied américain. On abandonne progressivement les coteaux pour cultiver les plateaux. Malheureusement la qualité des vins obtenus n’est plus au rendez-vous et dans ces années d’après guerre, l’autoroute met Vienne à 20 minutes de Lyon. Le prix du foncier s’élève et ces terres sont vendues. On y abandonne progressivement la culture de la vigne.

Le pari fou de trois grands hommes du vignoble septentrional

Un soir de mai 1996, Pierre Gaillard, François Villard et Yves Cuilleron se retrouvent pour un dîner entre professionnels et néanmoins amis. Et là, l’idée germée se transforme en projet. Nos trois producteurs de vins, dont la célébrité n’était alors que naissante, poussés par la passion, l’audace et l’envie de mener un projet d’amis, décident d’unir leur force et reconstruire le vignoble de Seyssuel ! Ils créent la Société des Vins de Vienne, se battent comme des damnés pour acheter un premier lopin de terre, et se mettent à bosser week-end et jours de semaines comme des fous. Ils arrachent, défrichent, creusent des chemins à coup de dynamite, et plantent les premiers pieds de vignes. Le terrain est hostile, la pente sévère. Qu’importe, ce n’est pas pire qu’en Condrieu ou en Côtes Rôtie !

La belle partie de l’histoire réside dans le fait que nos amis ont réussi à faire triompher la mise en commun de leur expérience et des méthodes de travail par un processus de décision consensuel. En effet, quel cépage planter sur quelle parcelle ? Quel type de pied planter ? Quelle méthode d’agriculture adopter ? Quelle taille ? Voici des centaines de décisions à prendre sur des questions clés, qui en final donneront le résultat attendu : un vin de qualité. Les trois vignerons ont partagé à livre ouvert leurs expériences et profitent énormément en retour de cette collaboration. Les Vins de Vienne sont pour chacun d’entre eux une plateforme collaborative. Quelle modernité !

La première vendange est récoltée en 1998.  Cette première cuvée est déjà exceptionnelle de concentration et d’élégance. Depuis la qualité ne cesse de s’améliorer. Les premières bouteilles sont portées dans les grands restaurants étoilés de la région, et les sommeliers de Point, Bocuse, Georges Blanc et d’autres ne s’y trompent pas. Ils font rentrer des bouteilles de ce vin de haute qualité et commencent à le proposer aux amateurs éclairés.

Pierre Gaillard, John Euvrard, Denis Chorot

La naissance d’un grand domaine

Dans un premier temps, le domaine des Vins de Vienne compte 11ha de vignes réparties sur plusieurs parcelles entre Seyssuel et Vienne. Les vins sont vinifiés dans un premier temps, chez l’un ou chez l’autre. Pour obtenir une assise financière plus solide, les Vins de Vienne font l’acquisition de 5 à 6 ha de terres supplémentaires en Condrieu, Côtes Rôties et Saint Joseph. Depuis ils achètent également le raisin de producteurs en Saint Joseph, Hermitage, Saint-Peray, Côtes du Rhône, Chateauneuf du Pape et Gigondas.

E n 2009, un investissement majeur voit la création d’une unité de production, de mise en bouteille et de chais de stockage ultra-modernes à Chavanay. Tout est pensé dans les moindres détails pour favoriser la qualité, simplifier la manutention, l’entretien et la réduction des coûts. Les cuves de tailles variables sont conçues parfois en inox parfois en béton en fonction des vins. Les chais de stockage des rouges et des blancs sont à température dirigée. Ici, nous sommes prêts à faire du parcellaire et du volume, nous indique Denis Chorot le responsable du domaine. Nous avons la capacité de produire 350 000 bouteilles.

L’œnologue  Pascal Lombard est ici actif comme un directeur technique. Prodiguant ses conseils sur les méthodes de culture, il participe aux décisions importantes dans la vigne. Dans la cuverie, il défini les procédés pour chaque vin et mène les analyses qui lui permettront de faire évoluer de manière positive à l’élévation de la qualité.

Doit-on dire vins de Seyssuel ou Terres de Viennae ?

La question se pose d’autant plus que l’aventure lancée par Pierre Gaillard, François Villard et Yves Cuilleron est maintenant imitée par 7 autres producteurs, dont la maison Chapoutier. Tous travaillent pour obtenir de l’INAO la reconnaissance de ce terroir, qui devrait s’appeler « Vins de Seyssuel ». Ce vignoble pourrait compter jusqu’à 120 ha dans le futur (taille de celui de Condrieu). Le processus sera long.

En attendant, les trois cuvées proposées par les Vins de Vienne, que nous feront inscrire au catalogue de Cavissima sont :

-          Le Taburnum : pur Viognier sur schiste, il est élevé pendant 18 mois et offre une palette aromatique d’une grande précision et d’une grande richesse. Il est moins minéral qu’un Condrieu et plus abricot et orange confite. C’est un vin de garde par excellence. Goûtez la différence !

-          L’Heliucum : pure Syrah sur schiste. C’est le vin obtenu de jeunes vignes de 5 à 6 ans. C’est le petit frère du Sotanum avec une concentration plus faible. Il dispose déjà d’une belle trame tannique et d’une jolie profondeur en bouche. C’est déjà un remarquable vin de garde.

-          Le Sotanum : obtenu sur les meilleurs côteaux du vignoble avec les vignes initialement plantées entre 1996 et 2000. C’est un vin d’une grande concentration et d’une grande élégance. A goûter absolument en dégustation à l’aveugle avec un grand vin de la Côte Brune !

La dégustation au domaine

  • Les vins blancs

-          Saint-Joseph Blanc – L’Elouède  2008 – 80% de Marsanne et 20% de Roussane

-          Saint-Peray – Les Bialières 2008 – 70% de Marsanne et 30% de Roussane.

-          Saint-Peray -  L’Archevêque 2008 – 18 mois d’élevage

-          Seyssuel – Taburnum 2008 – Viognier / 18 mois d’élevage.

-          Condrieu 2008 – Viognier .

  • Les vins rouges

-          Remiage

-          Côte du Rhône AOC – Les Craillets 2007

-          Saint Joseph 2007 – Syrah 100%

-          Seyssuel – Heliucum 2007 – Syrah 100%

-          Seyssuel – Sotanum 2007 – Syrah 100%

-          Hermitage – Les Chirats 2007

-          Chateauneuf Du Pape 2007

-          Gigondas – Les Pimpignols 2005 . ArĂ´mes de poivron.

Visionnez la vidéo de la révélation

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