Archive pour la catégorie ‘Carnet de Voute’
A moins de 20 km, au sud ouest de Saumur, se trouve le village de Brossay. Nous sommes à quelques encablures de Doué-Les-Fontaine, connu pour ses magnifiques rosières et surtout son sol de turron calcaire qui produit les pierres blanches des châteaux, abbayes, églises de la région. C’est ici que l’on trouve également des maisons troglodytiques, à voir absolument : les fameuses maisons et galeries creusées dans le calcaire. C’est sur ce sol de tuffeau que l’on produit les vins de Saumur, Saumur Champigny, Vouvray et Montlouis notamment. Le calcaire est apprécié pour la fraicheur qu’il apporte au vin, nécessaire à la garde.
Mais le Château de Fosse Sèche est justement une enclave dans ce terroir, une exception. Le domaine couvre 45 ha, dont 17 ha de vignes : il est quasiment entièrement ceint par des haies et deux belles forêts de chêne. La grande spécificité du domaine réside d’abord dans cette micro curiosité géologique. Le plateau de Brossay est composé d’un sol jurassique ne contenant pas de calcaire libre, mais des pierres de silex et de l’oxyde de fer piégés dans cette grave de silex en complète dégradation. L’autre particularité est le léger dénivelé du terrain. Les vignes sont en coteaux de pente douce bénéficiant d’une exposition fraîche (55 mètres au dessus de la mer), fortement venteuse. C’est l’association de ce clim
at frais et de ce sol chaud (silex) qui donne aux vins du domaine leur droiture si particulière.
Le vignoble de Fosse Sèche remonte au moyen âge. Au plus fort de son existence, le domaine comptait plus de 400 ha de vignes et peut s’enorgueillir d’avoir donné naissance au début du
20ème siècle au désormais célèbre Cabernet d’Anjou. Il n’a jamais disparu, mais c’est en 1998 que Guillaume Keller et sa famille en font l’acquisition. Cette famille, courageuse et travailleuse, entreprend sans relâchela réfection du domaine et lui redonne des lettres de noblesse d’un tout autre genre.
Les premiers efforts de Guillaume sont consacrés au vignoble. Il met en place une agriculture de type biologique et reçoit le label « Ecocert ». Pour autant, il refuse de porter la mention AB sur ces bouteilles. Ce label selon lui, ne valorise pas assez le travail accompli ! Le patrimoine est également progressivement rénové et notamment le Pigeonnier datant du 16ème siècle. En 2007, le domaine procède à d’importants investissements visant à améliorer et fiabiliser la qualité du vin. Un pressoir et des cuves inox sont achetés.
Guillaume Keller est un innovateur passionné et exigeant. Les idées ne lui font pas défaut et il les met en œuvre. Sans cesse il élabore de nouvelles cuvées, essaye, abandonne,
revient en arrière. Il se donne à fond dans son travail et cherche à mieux faire pour la qualité de ses vins. D’une nature généreuse et humble, il saura vous montrer, non sans fierté le domaine.
Le vignoble est planté de :
- 9 ha de Cabernet Franc : cépage rouge à maturité tardive. Celui ci donne au vin souplesse et finesse et offrira des arômes de violettes et de framboise
- 3 ha de Cabernet Sauvignon : cépage rouge à maturité encore plus tardive. Il complète à merveille le Cabernet Franc et lui apporte une trame tannique plus dense, un potentiel de vieillissement et une certaine mâche en bouche. Il complète avantageusement la palette aromatique avec des mûres et des myrtilles.
- 5 ha de Chenin utilisé pour l’élaboration des vins blancs. C’est un cépage tardif qui offre des arômes de coing et de citronnelle. Vinifié en sec, le chenin donne un excellent Saumur Blanc AOC –cuvée les Arcanes, ou vendangé par tries successives et après obtention de pourritures nobles, il permet la production d’un vin moelleux extra – Les Tries de la Chapelle.
Au domaine de Fosse Sèche, le choix de la date de vendange est crucial, explique Guillaume Keller. « Nous travaillons sur des rendements faibles, car nous cherchons une grande homogénéité entre les raisins. Il nous faut une matière première d’une belle maturité tant au niveau du jus que du potentiel phénolique. Je cherche à obtenir des jus d’une
très belle profondeur, respectant un certain équilibre entre acidité et concentration. Je surveille de très près les raisins et dès que le signal est donné la vendange doit être récoltée le plus vite possible. Nous avons recours pour cela aux machines. Nos vinifications sont soft et nous recherchons à faire des vins de terroir en priorité ».
La vinification est courte pour la cuvée Eolithe (3 à 5 jours) et à basse température (17 à 19°C), suivie d’une longue fermentation de 7 mois en barriques pour 40% du volume et en cuve pour le reste. « Je recherche avant tout à élaborer des vins tendus avec une faible extraction, de type minéral et à l’allonge remarquable. »
La Réserve du Pigeonnier est issue de rangs de vignes plus âgées, dont le rendement est de 12 hecto à l’hectare (contre 23 pour l’Eolithe). Ici la cuvaison est conduite à plus basse température (14 – 15°C) et pour une durée de 17 à 21 jours. L’élevage sera nettement plus long et le bois un peu plus présent. Ce vin est un vrai vin de garde, un produit d’exception. Un grand vin !
Mais, au-delà de la remarquable qualité des vins qu’elle produit, la famille Keller est entrée dans une démarche de réhabilitation de l’écosystème. C’est là que commence la vraie notion de plaisir, nous explique Guillaume. « Moi, j’ai grandi en Afrique de l’Ouest, et je ne peux imaginer de beaux produits sans belle culture. IL faut réhabiliter l’activité paysanne, la vraie. C’est pourquoi, nous avons 20 ha de luzerne bio pour la production de fourrage animal et un jour, nous aurons des chèvres, pour y confectionner du fromage de chèvre bio. Bien sûr les excréments seront utilisés pour faire le compost naturel. J’espère que nous pourrons investir : cela dépend des récoltes à venir».
« De plus, nous entretenons plus de 5 ha de jachères polliniques avec plus de 25 espèces de fleurs sauvages. La logique de ce mélange veut que les plantes mellifères attirent les insectes pollinisateurs. Quand aux légumineuses, elles fixent l’azote de l’air dans la terre. Ces plantes ameublissent et aèrent le sol, attirent les insectes auxiliaires (coccinelles, papillons, etc.) et relâchent les graines pour les oiseaux. La population des abeilles et de la faune sauvage se reconstituent. On a creusé un étang pour les poissons, libellules, batraciens, canards et hérons. Tout le domaine est classé LPO (Ligue de protection des oiseaux) dans le but de protéger ces oiseaux sauvages : chouettes, rapaces, chauves-souris, hirondelles….Le cycle vertueux de l’écosystème se remet en route, celui générée par la véritable activité paysanne ».
L’objectif de Guillaume est de pouvoir générer suffisamment de revenus pour assurer le financement de puits en Afrique. «Nous sommes un pays riche, il faut donner à l’Afrique. Si je peux contribuer à mon échelle à faire profiter les autres, je serai heureux. C’est en tout cas mon but».
Comment raconter ce lieu, cette famille, l’âme de ce domaine, la pureté et la précision des vins ? On peut en tout cas les découvrir, ils vous attendent, prenez rendez-vous, vous ne le regretterez pas…..
Le
ROC est le domaine de la famille RIBES qui depuis 1974 s’attache à révéler la personnalité d’un terroir très particulier. Retrouvons ici l’histoire de cette famille et vivons avec eux la passion qui les anime.
Quelques 25 km au nord de Toulouse, dirigez vous vers Montauban en direction du Tarn pour y découvrir ses terrasses. C’est ici que vous accèderez au royaume de la Négrette. C’est le Fronton ou une appellation d’origine contrôlée qui couvre 1830 ha sur plusieurs communes réparties dans les départements de Haute-Garonne (31) et Tarn-et-Garonne (82) :
Bouloc, Castelnau-d’Estrétefonds, Fronton, Saint-Rustice, Vacquiers, Villaudric, Villematier, Villemur-sur-Tarn, Villeneuve-lès-Bouloc , Bessens, Campsas, Canals, Dieupentale, Fabas, Grisolles, Labastide-Saint-Pierre, Montbartier, Nohic, Orgueil, Pompignan
Les premiers ceps de vignes du frontonnais ont été plantés par les Romains, mais la Négrette, cépage typique de l’appellation Fronton, n’apparaît qu’au XIIème siècle. A cette époque, les vignes étaient la propriété de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, plus tard Ordre de Malte. Les Chevaliers ont implanté un cépage rapporté de Chypre, appelé « Mavro » (du grec μαύρο, qui signifie noir) dans leur commanderie. Au fil des ans, le « Mavro » devint « Négrette ».
Cépage principal des vins rouges et rosés, la Négrette entre obligatoirement pour 50 % dans l’encépagement de l’appellation Fronton. C’est ce cépage fin et délicat, aux arômes subtils de violette, de fruits rouges et de réglisse, qui donne aux vins de Fronton leur personnalité et leur charme.
La famille RIBES
C’est en 1981, que l’ainé des frères RIBES, Jean Luc quitte l’école pour travailler au domaine familial. Sans expérience, il ne se fait pas petit pour autant. Il bouleversa même l’ordre établi, puisqu’il décide de laisser l’herbe dans la vigne. C’était alors un pionnier de l’enherbement et veille sur sa vigne sans relâche : quand la vigne va, le raisin est beau. Jean Luc est chargé de la culture des 24 ha du domaine. Quand il ne travaille pas sa terre, il gratte sa guitare et chante Brassens.
Frédéric, le cadet a étudié les mathématiques, la biochimie, et l’œnologie. C’est à lui que revient la charge des vinifications. Il impose la Syrah comme composant mineur des vins du ROC en soutien de la Négrette et donne ainsi naissance au Don Quichotte. « J’aime son fruit immédiat, ses tannins fins, son subtil équilibre, sa spiritualité… ».
L’épouse de Frédéric, Catherine est l’administrative et la cheville commerciale du domaine. Intuitive et passionnée, elle aime participer aux choix des assemblages. C’est la caution féminine de ce domaine. Un ciment indispensable à la belle humeur et au plaisir du travail.
Pierre Salma, lui arrive en 1993 au Roc. Tout de suite il s’associe aux deux frères pour planter et agrandir le domaine. Il participe au travaux de la vigne et à la cave.
Le Domaine et ses vins
C’est un vignoble de 24 ha entièrement enherbé : objet d’une observation curieuse et attentive. Les vinifications sont parcellaires. Le sol et sous-sol sont faits de boulbènes et marnes caillouteuses pour donner au vin une forte générosité. Les cépages sont : la Négrette, la Syrah, le Cabernet et le Cabernet Sauvignon.
Le domaine produit :
- La Cuvée Réservée (Négrette, Syrah, Cabernet) fait l’objet d’un élevage en barrique pendant 1 an.
- La Cuvée Don Quichotte (Négrette, Syrah) fait l’objet d’un élevage de 18 mois en foudres et en barriques. Le bois est à peine perceptible. C’est un vin de garde d’une grande fraicheur et d’une grande franchise.
- La Cuvée Classique (Négrette, Syrah, Cabernet et Cabernet Sauvignon) sur le fruit.
- Le Rosé (Négrette, Syrah, Cabernet) vinifié en saignée. C’’est un rosé de gastronomie.
La fabuleuse histoire de trois grands producteurs de la Vallée du Rhône qui font renaître de ses cendres le célèbrissime et oublié terroir de Seyssuel !
C’est Pierre Gaillard, le premier des trois qui s’est rendu sur les coteaux de Seyssuel. Il voulait voir la terre. Les anciens de Ternay (commune située entre Lyon et Vienne) lui racontaient dans sa jeunesse que ce vignoble abandonné était autrefois l’un des meilleurs de la région. Il avait d’ailleurs profité de ses études à Beaune pour retrouver les écrits de l’historien Olivier de Serres, dans la grande encyclopédie – le Théatre de l’Agriculture. Il retrouve alors les textes de Pline l’Ancien et se fait adresser les écrits de Faugères de Saint Fons (1650) sur ce fameux vignoble, et confirme que les Vins de la région de Seyssuel étaient parmi les plus prestigieux de tout l’Empire Romain. Au 17ème siècle, ils étaient jugés de qualité supérieure à ceux de la Côte Rôtie. Du temps des Romains, les vins portaient le nom de Taburnum, Sotanum et Heliucum.
Pierre Gaillard en parle alors à François Villard, son ami. Tous deux retournent inspecter les coteaux et procèdent à une petite étude du sol et du sous-sol. Ils confirment leurs observations : un sol composé d’argile et de schistes et un sous-sol de mica-schistes merveilleusement orientés, une exposition plein sud avec le soleil depuis la première heure de la journée, et un micro-climat que favorise la largeur du Rhône et la déclivité du coteau sur cette boucle du Rhône, protégée des vents du Nord. Voici des conditions idéales, pour faire du vin d’exception !
Car voyez, nous ne sommes qu’à une vingtaine de kilomètres de Lyon, sur la rive gauche du fleuve. Depuis l’autoroute A7, tournez la tête et retrouvez le château de l’Archevêque en ruine au milieu des vignes. C’est ici le cœur du vignoble de Seyssuel !
Comment explique-t-on le lent déclin de ce vignoble ?
Au 19ème siècle, les vins de Seyssuel sont très réputés. Ils se vendent à Lyon. Ce sont des vins de qualité. Ils sont chers à la vente et chers à la production. Le coteau fait parfois 50° et le travailler demande d’être attaché. Le phylloxera n’épargnera pas ce vignoble. Il faudra le reconstruire. Dans cette région, on choisit alors de replanter en pieds hybrides plutôt que de procéder à de la greffe de Syrah sur pied américain. On abandonne progressivement les coteaux pour cultiver les plateaux. Malheureusement la qualité des vins obtenus n’est plus au rendez-vous et dans ces années d’après guerre, l’autoroute met Vienne à 20 minutes de Lyon. Le prix du foncier s’élève et ces terres sont vendues. On y abandonne progressivement la culture de la vigne.
Le pari fou de trois grands hommes du vignoble septentrional
Un soir de mai 1996, Pierre Gaillard, François Villard et Yves Cuilleron se retrouvent pour un dîner entre professionnels et néanmoins amis. Et là, l’idée germée se transforme en projet. Nos trois producteurs de vins, dont la célébrité n’était alors que naissante, poussés par la passion, l’audace et l’envie de mener un projet d’amis, décident d’unir leur force et reconstruire le vignoble de Seyssuel ! Ils créent la Société des Vins de Vienne, se battent comme des damnés pour acheter un premier lopin de terre, et se mettent à bosser week-end et jours de semaines comme des fous. Ils arrachent, défrichent, creusent des chemins à coup de dynamite, et plantent les premiers pieds de vignes. Le terrain est hostile, la pente sévère. Qu’importe, ce n’est pas pire qu’en Condrieu ou en Côtes Rôtie !
La belle partie de l’histoire réside dans le fait que nos amis ont réussi à faire triompher la mise en commun de leur expérience et des méthodes de travail par un processus de décision consensuel. En effet, quel cépage planter sur quelle parcelle ? Quel type de pied planter ? Quelle méthode d’agriculture adopter ? Quelle taille ? Voici des centaines de décisions à prendre sur des questions clés, qui en final donneront le résultat attendu : un vin de qualité. Les trois vignerons ont partagé à livre ouvert leurs expériences et profitent énormément en retour de cette collaboration. Les Vins de Vienne sont pour chacun d’entre eux une plateforme collaborative. Quelle modernité !
La première vendange est récoltée en 1998. Cette première cuvée est déjà exceptionnelle de concentration et d’élégance. Depuis la qualité ne cesse de s’améliorer. Les premières bouteilles sont portées dans les grands restaurants étoilés de la région, et les sommeliers de Point, Bocuse, Georges Blanc et d’autres ne s’y trompent pas. Ils font rentrer des bouteilles de ce vin de haute qualité et commencent à le proposer aux amateurs éclairés.
La naissance d’un grand domaine
Dans un premier temps, le domaine des Vins de Vienne compte 11ha de vignes réparties sur plusieurs parcelles entre Seyssuel et Vienne. Les vins sont vinifiés dans un premier temps, chez l’un ou chez l’autre. Pour obtenir une assise financière plus solide, les Vins de Vienne font l’acquisition de 5 à 6 ha de terres supplémentaires en Condrieu, Côtes Rôties et Saint Joseph. Depuis ils achètent également le raisin de producteurs en Saint Joseph, Hermitage, Saint-Peray, Côtes du Rhône, Chateauneuf du Pape et Gigondas.
E n 2009, un investissement majeur voit la création d’une unité de production, de mise en bouteille et de chais de stockage ultra-modernes à Chavanay. Tout est pensé dans les moindres détails pour favoriser la qualité, simplifier la manutention, l’entretien et la réduction des coûts. Les cuves de tailles variables sont conçues parfois en inox parfois en béton en fonction des vins. Les chais de stockage des rouges et des blancs sont à température dirigée. Ici, nous sommes prêts à faire du parcellaire et du volume, nous indique Denis Chorot le responsable du domaine. Nous avons la capacité de produire 350 000 bouteilles.
L’œnologue Pascal Lombard est ici actif comme un directeur technique. Prodiguant ses conseils sur les méthodes de culture, il participe aux décisions importantes dans la vigne. Dans la cuverie, il défini les procédés pour chaque vin et mène les analyses qui lui permettront de faire évoluer de manière positive à l’élévation de la qualité.
Doit-on dire vins de Seyssuel ou Terres de Viennae ?
La question se pose d’autant plus que l’aventure lancée par Pierre Gaillard, François Villard et Yves Cuilleron est maintenant imitée par 7 autres producteurs, dont la maison Chapoutier. Tous travaillent pour obtenir de l’INAO la reconnaissance de ce terroir, qui devrait s’appeler « Vins de Seyssuel ». Ce vignoble pourrait compter jusqu’à 120 ha dans le futur (taille de celui de Condrieu). Le processus sera long.
En attendant, les trois cuvées proposées par les Vins de Vienne, que nous feront inscrire au catalogue de Cavissima sont :
- Le Taburnum : pur Viognier sur schiste, il est élevé pendant 18 mois et offre une palette aromatique d’une grande précision et d’une grande richesse. Il est moins minéral qu’un Condrieu et plus abricot et orange confite. C’est un vin de garde par excellence. Goûtez la différence !
- L’Heliucum : pure Syrah sur schiste. C’est le vin obtenu de jeunes vignes de 5 à 6 ans. C’est le petit frère du Sotanum avec une concentration plus faible. Il dispose déjà d’une belle trame tannique et d’une jolie profondeur en bouche. C’est déjà un remarquable vin de garde.
- Le Sotanum : obtenu sur les meilleurs côteaux du vignoble avec les vignes initialement plantées entre 1996 et 2000. C’est un vin d’une grande concentration et d’une grande élégance. A goûter absolument en dégustation à l’aveugle avec un grand vin de la Côte Brune !
La dégustation au domaine
- Les vins blancs
- Saint-Joseph Blanc – L’Elouède 2008 – 80% de Marsanne et 20% de Roussane
- Saint-Peray – Les Bialières 2008 – 70% de Marsanne et 30% de Roussane.
- Saint-Peray - L’Archevêque 2008 – 18 mois d’élevage
- Seyssuel – Taburnum 2008 – Viognier / 18 mois d’élevage.
- Condrieu 2008 – Viognier .
- Les vins rouges
- Remiage
- Côte du Rhône AOC – Les Craillets 2007
- Saint Joseph 2007 – Syrah 100%
- Seyssuel – Heliucum 2007 – Syrah 100%
- Seyssuel – Sotanum 2007 – Syrah 100%
- Hermitage – Les Chirats 2007
- Chateauneuf Du Pape 2007
Véritable coup de projecteur sur un vin et son producteur, la rubrique Carnet de Voute est un focus sur un domaine et ceux qui font le vin. Prolongez la découverte sur la page Facebook et le site cavissima.com pour compléter votre connaissance sur ce vin.
Si le vigneron choisi ses cépages et travaille le sol qui lui est confié, les conditions climatiques forment l’aléa qui donnera au vin son profil définitif. Chaque vigneron met en place des tactiques : méthode de culture, vendanges, pressurage, vinification, puis élevage.
Le vin est sans aucun doute le reflet de la personnalité de son producteur : ses croyances, ses méthodes, ses doutes et certitudes. Les grands vins sont faits par de grandes femmes ou de grands hommes. Aussi, je vous propose d’aller à la rencontre de ceux qui font les meilleurs vins de France, de suivre leur pas et comprendre leurs principes et désirs.
Carnet de Voute relate les rencontres mensuelles entre John Euvrard, Meilleur Ouvrier Sommelier de France 2007, Thierry Goddet, et les grands producteurs de vins de garde français.
Carnet de Voute, c’est aussi l’occasion pour l’équipe de Cavissima® de :
- connaître les évolutions aux domaines (acquisitions, investissements, changements dans les méthodes de culture et de vinification, etc.)
- déguster les vins avec son producteur et continuer à évaluer les Best After et les Best Before.
Si le reportage vous a plu, nous vous invitons à le commenter.
Vous pouvez également continuer la visite sur les médias suivants :
- la page Facebook : les photos du domaine, des hommes et femmes, les moyens techniques
- la boutique de Cavissima® : la vidéo de dégustation et l’offre promotionnelle. Si vous connaissez ce produit, nous vous invitons à laisser votre avis dans la page produit et en faire profiter nos clients.
Les Héritiers du Comte Lafon – 28 Octobre 2009
Dominique Lafon, qui depuis 1984, conduit avec brio le célèbre Domaine des Comtes Lafon à Meursault (Côte d’Or), s’est lancé depuis quelques années dans un pari extraordinaire. Avec l’appui des membres de sa génération, les descendants du Comte Lafon, Il décide d’acheter en 1999, quelques 7 ha de vignes et un cuvier à Milly-Lamartine dans le Haut Mâconnais. Il fonde le Domaine des Héritiers du Comte Lafon.
Le 28 Octobre dernier, Dominique Lafon accueille John Euvard et l’équipe de Cavissima au domaine, en compagnie de Lionel Valcauda, Thomas Raynaud et Philippe Schilling de l’agence Dégustation Sélection ainsi que Frédéric Schaaf, caviste à Ecully (69).
La visite commence par la présentation du domaine et des méthodes de culture.
Dominique Lafon : « les premières vignes achetées ici l’ont été sur les recommandations de l’un de mes amis. J’étais à l’époque incapable de choisir une parcelle et de comprendre la valeur ou le potentiel des terres qui m’ étaient proposées. Le vignoble du Mâconnais est d’une grande complexité, avec ces vallons, ses expositions diverses, ses sols et sous sols. Par chance le premier lot que j’ achète contient le célèbre Clos du Four – l’un des plus anciens vignobles de cette appellation, plantés par les moines de Cluny. »
Comment aborder la vinification en terra incognita ?
A force de se promener dans la région, d’arpenter les vallons et coteaux, de déguster la production des uns et des autres, le Comte Lafon explique qu’il a progressé dans la lecture du potentiel que recèle chacune de ces terres, dans la compréhension des différents sols, dans l’influence que peut avoir la Saône sur le vignoble, et tout autre paramètre qui donneront au vin son caractère génétique qu’il convient pour le vigneron talentueux de révéler.
De la même façon, par l’expérimentation et le travail, lui et son jeune chef de domaine, Caroline Gon, nous confient qu’ils commencent à mieux comprendre comment vinifier les différents climats et leur offrir le meilleur de leur expression ; l’expression de leur terroir. On imagine bien que tel est en fait l’un des principaux défis et plaisirs de cette aventure : arriver à adapter les meilleures vinifications pour chacune de ces cuvées et leur donner l’expression qu’ils méritent.
Pour quoi êtes vous allés dans le Mâconnais ?
A la question qui revient sans cesse, j’obtiens plusieurs réponses. Lorsque nous foulons le sol plus rocailleux des superbes rangées de vignes du Clos de la Crochette, voici ce que nous lance Dominique Lafon:
« Ce qui me plait dans le vin que nous faisons ici, c’est que c’est du vin à boire sur la fraîcheur, sur le fruit, dans sa jeunesse… Nous sommes aux antipodes de Meursault, là où le vin est acheté par des collectionneurs, un vin qui reste en bouteille et qui ne sera pas nécessairement bu. A Macon, nos vins ne peuvent se garder aussi longtemps, et sont sans commune mesure moins chers. Nos clients les boivent et cela me procure du plaisir».
Puis, en nous montrant le magnifique panorama typique du Mâconnais avec ces coteaux, ces vallons, ces clochers clunisiens, ces couleurs pâles et ocres, cette lumière un brin voilée de cette fin d’octobre, Dominique Lafon s’exprime encore : « Comment voulez vous que le vin ne soit pas bon ici, lorsque les paysages sont si beaux et si paisibles ? Le vignoble est ici autrement plus joli ici qu’en Côte d’Or ! »
Les Héritiers du Comte Lafon sont respectés dans cette région du sud de la Bourgogne par les producteurs locaux. Ici à Milly Lamartine, la gestion du domaine est distincte de celle de Meursault. Les tracteurs s’achètent d’occasion et tous les investissements sont âprement évalués. D’ailleurs, le cuvier met en œuvre les demi-muids assez anciens, hérités du précédent propriétaire et traditionnellement utilisés dans cette région. Pas question de dupliquer les procédés de Meursault : Dominique Lafon souhaite respecter les usages locaux et utiliser les procédés et équipements propres au Mâconnais.
Quelle culture pratique-t-on à Milly Lamartine ?
Par exception, le seul apport technique en provenance de la Côte d’Or réside dans la mise en place dès le début de l’entreprise, d’une agriculture biologique, puis assez rapidement une évolution vers la bio-dynamie. Dominique Lafon et ses équipes confirment qu’ils savent maitriser ce type de culture. Pour eux, il s’agit d’être sans cesse présent dans les vignes pour détecter et traiter une attaque au mildiou. La bio-dynamie permet d’avoir, année après année, une terre plus saine, plus aérée, riches en éléments et dont la capacité de rétention d’humidité est plus élevée ; les résultats sont très rapides. La terre prend une autre couleur, moins terne et plus souple. Les raisins sont beaux et le vin obtenu offre une structure plus intéressante, avec notamment un nez plus fin, une longueur en bouche supérieure, et une diversité accrue de la palette aromatique.
Dominique Lafon est un apôtre de la bio-dynamie. Il a converti également avec succès l’un des domaines qu’il consulte dans l’Oregon.
Perspective
Lorsque nous abordons la question du réchauffement climatique, Dominique Lafon précise : « Nous constatons bien sûr, une élévation des températures et notamment un avancement sensible des dates de vendanges,. Pourtant, nous ne sommes pas inquiêts. Nous saurons trouver des solutions à ce problème, et continuer à faire des vins d’excellence ».
Ce sujet est de toute évidence une préoccupation et nous pouvons compter sur la faculté d’anticipation de cette maison pour échafauder d’ores et déjà un plan stratégique.
Dominique Lafon se rend chaque jour de la semaine dans son vignoble de Macon, où il passe le plus clair de la matinée à évaluer les programmes de travail, à observer ses rangs de vignes, et à suivre les cuvées. Ce domaine est devenu une partie importante de son activité, à telle enseigne qu’il vient de terminer la négociation d’une nouvelle vigne merveilleusement bien située sur le grand domaine de Viré-Clessé. La vigne d’environ 3 ha, qu’il prend en exploitation est dans un état médiocre par rapport à celles que nous avons vu à Chardonnay et à Milly-Lamartine. Il nous emmène la voir : nous considérons ce sol nettement plus argileux que celui du Clos du Four et même du Clos de la Crochette. Aussitôt sa passion l’anime : « D’ici un à deux ans, le travail de nos ouvriers permettra d’avoir un résultat de haute qualité. [...] ici la terre est riche, nous allons faire de beaux vins ». Puis Il s’enflamme encore en nous expliquant qu’il imagine déjà les vinifications qu’il mettra en œuvre pour extraire la quintessence de ce clos. Ses yeux se ferment…. Nous avons tous hâte d’y être.
La dégustation.
Au cours de la dégustation au chai, nous avons pu tester tous les produits de la gamme des Héritiers du Comte Lafon, dans les millésimes 2007 et 2008 :
- Macon-Milly Lamartine
- Macon-Bussières
- Macon-Uchizy
- Macon-Chardonnay -Clos de la Crochette
- Macon-Milly Lamartine-Clos du Four
Retrouvez John Euvrard pour une dégustation online du Clos du Four 2008, sur le site de Cavissima.
Tout d’abord, parlons lieu de stockage…
Il existe plusieurs formules pour organiser le stockage du vin : le stockage de proximité et le stockage à distance (cave mutualisée). Les deux solutions peuvent d’ailleurs tout à fait se combiner. Le stockage de proximité étant réservé aux vins de consommation immédiate, d’un prix plus bas, à boire dans leur jeunesse (rosés, majorité des blancs, Champagne, vins de pays, etc.). Le stockage à distance pour le mûrissement des vins de garde positive, souvent plus chers, nécessitant des garanties quant aux conditions de garde et à la sécurisation du lieu.
- Le stockage de proximité : deux choix s’offrent au consommateur.
o L’armoire réfrigérante. Il existe une variété de marques disponibles sur le marché, avec des niveaux de prix très différents. J’attire votre attention sur la technicité requise pour réaliser une armoire à vin de haute qualité et fiable, et de l’attention nécessaire avant l’achat d’une armoire en fonction des vins et de leur prix. On a vu trop souvent des vins geler en raison d’un dysfonctionnement du système de régulation de température… Les leaders sur ce marché ont terriblement fait évoluer la fiabilité de leur système pour éviter les gels et réduire au maximum les vibrations. Ils disposent d’une gamme très large avec des capacités allant de 250 bouteilles à 32 bouteilles. La petite « SoWine », développée par Eurocave est un modèle réduit à mettre dans votre cuisine pour conserver deux bouteilles entamées.
o La cave enterrée. Reste pour ceux qui ont une maison, le moyen le plus économique, dès lors que cette cave à vin offre toutes les caractéristiques requises de température et d’hygrométrie, mais aussi de ventilation. Plusieurs spécialistes peuvent vous fournir le cube complet de cave dans des matériaux adaptés, lors de la construction de votre maison. D’autres peuvent vous fournir la climatisation et les matériaux d’isolation.
- Le stockage à distance des bouteilles de vins. C’est la solution idéale pour les vins de garde, car elle combine l’avantage d’offrir la sécurité de vos bouteilles, une absence de vibration, et un stockage propice en toutes circonstances climatiques au mûrissement des grands crus. Vous pouvez confier ces bouteilles dès l’achat des caisses et attendre le moment propice pour vous faire expédier les vins. Il existe plusieurs formules disponibles à des prix différents. Le stockage à distance est certainement à ce jour le meilleur rapport qualité/prix pour les vins de valeur. Vérifiez toutefois auprès de votre stockeur les conditions d’assurance et de remboursement avant de procéder à une sélection.








