Archive pour la catégorie ‘Carnet de Voute’
C’est à quelques kilomètres au sud d’Ampuis et de Condrieu que se trouve la commune de Chavanay. C’est ici que le domaine Yves Cuilleron a installé son fief. La plupart des amateurs des vins de la vallée nord du Rhône connaissent Yves Cuilleron, figure désormais emblématique de ces appellations prestigieuses que sont le Condrieu, la Côte Rôtie, Le Saint Joseph, le Cornas et le Saint Peray.
En compagnie de John Euvrard nous sommes allés revisiter par la dégustation la très belle carte que nous propose ce seigneur, et surtout comprendre les principes qui font de ses vins, millésimes après millésimes, des trésors de plaisir.
L’histoire du domaine
Quand Yves reprend en 1987 l’héritage de son oncle, sa formation initiale de mécanicien, ne le destine pas au monde de la viticulture. Il hérite de 4 hectares de vigne. A ce jour le domaine compte 55 hectares en pleine propriété et 3 hectares sont en cours d’ajout. Dans cette maison, on aimerait encore s’agrandir pour satisfaire les demandes des clients du monde entier, mais le prix du terrain est devenu prohibitif. Les dernières transactions en Côte Rôtie se sont traités à près d’un million d’euros l’hectare. C’est à la limite du finançable, nous explique avec regret notre hôte ! 45% des vins produits par le domaine sont des blancs ; ce qui en fait une exception dans la région ! Le domaine cultive 5 cépages: viognier, roussane et marsanne pour les blancs et le gamay et la syrah bien sûr pour les vins rouges.
Tout se joue dans la vigne
Yves Cuilleron s’est fortement inspiré des méthodes mises en place par ses ancêtres. Il pratique une agriculture raisonnée et surtout éco-responsable. Pour lui, la configuration des terrains rend impraticable l’agriculture biologique ou la biodynamique, mais la philosophie vise à réduire le plus possible les traitements à la vigne. Le domaine a soigneusement éliminé les produits toxiques. Ce qui compte, c’est de maitriser la vigueur de la vigne, d’avoir un rendement limité et d’obtenir un raisin le plus mûr possible. C’est la maturité phénolique des pépins et de la peau qui donnera à nos vins leur potentiel de garde.
Une vinification soignée
Quand on visite la cuverie et les chais d’élevage on ne peut que s’étonner de la propreté et de l’ordre qui règnent ici. Tout conforte à la précision et laisse à penser que nul détail n’est laissé au hasard. Yves Cuilleron nous explique qu’il modifie pas à pas ses équipements et envisage encore de s’agrandir. Toutes les cuvées sont vinifiées séparément avant élevage. Les vins blancs sont généralement élevés en fûts pendant 6 mois et les vins rouges pendant 18 mois. Sur l’appellation Saint Joseph, nous disposons de 30 parcelles pour une superficie de 18 hectares. Les fûts sont choisis entre plusieurs tonneliers et nous progressons sans cesse dans ce domaine : il est nécessaire de ne pas avoir un boisé trop marqué. Nous faisons des vins de terroir, se plait à rappeler Yves Cuilleron. Nous voulons faire des vins d’élégance empreint de finesse.
La dégustation
La carte du domaine Yves Cuilleron comprend 7 vins blancs et 9 vins rouges
En blanc :
100% roussane ; viogner de pay ; deux cuvées de Saint Peray : les Cerfs (vieilles vignes produisant un vin de garde) et les Potiers ; 2 cuvées de Saint Joseph: Saint Pierre et les Lombards (vieilles vignes de Marsanne destiné à la garde) ; et enfin 2 cuvées de Condrieu : la Petite Côte et les Chaillets.
En rouge :
Le gamay rouge ; 3 cuvées de Saint Joseph : Pierres Sèches, l’Amarybelle (vieilles vignes) et les Serines (assemblage des plus belles parcelles) ; 3 cuvées de Côte Rôtie : Bassenon, Madinière (8 parcelles en 100% syrah sur sous-sol de schiste) et les Terres Sombres (vieilles vignes 100% syrah sur sous-sol de schise) ; 1 cuvée en Cornas : Les Vires ; et enfin 1 cuvée en Seyssuel : Ripa Sinistra.
Notons également qu’Yves Cuilleron s’est associé à Pierre Gaillard et François Villard pour créer les Vins de Vienne – majoritairement sur le vignoble de Seyssuel. Retrouvez tous les vins d’Yves Cuilleron à la boutique de Cavissima.
Ce qui rend les grands Hermitage aussi somptueux, élégants et raffinés, ce sont avant tout l’exposition magnifique de ces vignes en coteaux plein sud, plantés sur des sols de granits et éventuellement de micaschistes.
Eh bien, à quelques kilomètres de là seulement, les coteaux de la même colline se tournant vers le Rhône à l’entrée de la faille de Gervans sont exposées sud / sud-ouest. D’une parcelle à l’autre, on trouve des définitions de sols très différentes : on se croirait en pleine Bourgogne ! Plantés en travers ou parfois dans le sens de la pente, les vignes du Clos Les Cornirets et des Pontaix du domaine Fayolle Fils et Fille sont ici accrochées à la colline.
Laurent Fayolle appartient à la sixième génération de vigneron ! Son père l’a accueilli au domaine il y a une dizaine d’année. Après avoir suivi un cursus d’œnologie à Montpellier, il prend son baluchon et va faire ses armes en Allemagne et en Australie. En revenant en France, il arrive à convaincre son père Jean Paul, de passer progressivement à un mode de culture plus respectueuse de l’environnement et plus saine pour ceux qui la pratiquent. Aujourd’hui le domaine fonctionne en culture raisonnée et la parcelle Le Clos Les Cornirets est labourée au cheval.
S’étendant sur près de 9 ha, le domaine Fayolle Fils et Fille est l’un des rares spécialistes du parcellaire en Crozes-Hermitage. Le vignoble Les Pontaix est planté en Marsanne et Roussane sur un sol de loess, en Syrah sur des sols caillouteux argilo-calcaires pour les Pontaix rouges ,et sur du sol granitique pour les Cornirets. Nous sommes loin de la définition d’un Crozes-Hermitage classique.
Le Clos les Cornirets est un monopole. Les 0,9 ha de vignes, vieilles de 70 ans en moyenne, sont ceintes d’un mur en pierre sèche. Dès l’an 2000, Laurent, qui connait la colline comme sa poche, se met à rêver de pouvoir mettre la main sur des bandes de terre en amont des vignes actuelles. Il est sûr qu’à cet endroit la vigne était autrefois plantée. Tenace, il lui aura fallu 6 années de négociations avec les propriétaires pour racheter les parcelles convoitées.
En 2010, il fait terrasser un chemin et plante 1500 pieds sur 0,35 ha. La vigne y pousse depuis de façon remarquable sur ce sol qui n’a jamais été retourné et qui n’attendait qu’une chose, c’est qu’on le fasse travailler. Laurent Fayolle pose la main à terre, ramasse un caillou et nous montre comment l’argile et la granit en décomposition se sont intimement combinés à cet endroit : c’est un terroir magnifique, l’air est frais et le soleil du soir apporte une jolie lumière en ce début février. En 2012, on récoltera la première vendange. Laurent est assez impatient : « nous élèverons encore le niveau de qualité du Clos ! »
Le vignoble aussi s’est agrandi plus au nord avec des vignes de plaines pour une cuvée plaisir qui s’appelle Sens.
A la cave aussi Laurent Fayolle a commencé le travail de modernisation : il s’agit de consolider et moderniser la capacité de travail. Progressivement des cuviers en inox thermo-régulables ont été mis en service. En 2011, d’autres travaux verront le jour et notamment un encuvage par gravité et la centralisation de toutes les cuves sous un seul toit. « Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour porter la qualité au niveau souhaité. »
A l’administration et à la commercialisation, Céline Nodin, sa sœur, se donne tout autant de mal pour vendre et faire connaitre la production. Cela se passe pas mal car déjà les grands guides français (Bettane et Desseauve et RVF) complimentent ces Crozes-Hermitage de grande facture !
La dégustation était un moment agréable
La cuvée les Sens en rouge 2009 – très belle Syrah de plaisir.
Le Crozes-Hermitage les Pontaix en blanc 2009 et en rouge 2009
Le Crozes-Hermitage les Cornirets en rouge 2007, 2008 et 2009. Coup de cœur de Cavissima avec un subtil mélange de notes de fruits rouges et noirs, d’épice. Un vin à la fois riche et fin, d’une belle longueur en bouche et d’une jolie concentration. Une minéralité exceptionnelle pour un vin de belle garde. Une valeur sûre qui s’apprécie tous les ans quel que soit le millésime, tellement la passion, la modestie, la générosité et l’envie du producteur est prégnante.
L’Hermitage Les Dionnières en blanc 2009 et en rouge 2008
C’est le moment de saluer nos hôtes. Ils nous chargent d’une bouteille de Cornirets 2009 que John Euvrard aura à déguster pour le plaisir de vos yeux. Bravo Laurent et Céline – vos vins sont magnifiques. Nous allons donc élargir votre gamme et commercialiser rapidement les Pontaix en blancs et les Dionnières en rouge et blancs !
C’est à Bédarrides, à proximité de la commune de Châteauneuf du Pape que se tient le siège de la famille. Daniel Brunier, quatrième génération nous accueille pour nous présenter son domaine et le célébrissime Vieux Télégraphe – emblème phare du domaine.
Un domaine en pleine ascension
Car sous l’impulsion des fils d’Henri, Daniel et Frédéric, tous deux présidant à la destinée du domaine, l’entreprise a connu de réels changements ces 20 dernières années. Au vignoble du Vieux Télégraphe (70 ha), se sont ajoutés le domaine de la Roquète en 1988, dont 25 ha en appellation Châteauneuf et 14 ha en vin de pays dénommé Le Pigeoulet. En 1998, la famille rachète Les Pallières en Gigondas (25 ha) et prend une participation dans la création d’un vignoble de toute pièce de 50 ha au Liban, à Massaya. Il s’agit de vignes répartis principalement dans le Nord Est de la plaine de la Bekaa.
Le Grenache est le cépage clé de la famille Brunier, mais appellation Châteauneuf oblige, de nombreux autres cépages sont plantés : la Syrah, le Mourvèdre, le Cinsault, la Marsanne, la Roussane, le Bourboulenc, etc.
Les chais de stockage du vin ont été réaménagés à Bédarrides en 2007, et ont fait l’objet d’une splendide construction à 7 mètres sous terre. Une ventilation forcée permet d’obtenir l’hygrométrie désirée pour conserver les vins dans les meilleures conditions de stockage. Ici, le souci constant est d’avoir un vin de garde précis, dont les années n’altéreront pas la fraicheur.
En 2011, c’est la cuverie qui fait l’objet d’une modernisation. Différents changements seront apportés notamment à l’encuvaison gravitaire pour éviter d’endommager le raisin et sa grappe.
Les vins du domaine sont vendus dans le monde entier et l’export représente 80% du chiffre d’affaire de la société.
La philosophie et le style Brunier
Lorsque l’on visite les chais, on est frappé par la simplicité, le dépouillement, l’élégance, la force tranquille (excusez l’expression), et le souci du détail. Le style Brunier transpire la modestie, la rigueur, le panache, l’intelligence, le contrôle des processus et une énorme volonté de mieux faire au service de la qualité. Ici la maison fait des bouteilles pour être tirées et finies !
Dans un coin du chai, on nous montre les bouteilles de vieux millésimes qui correspondent à des expérimentations : du 100% grenache par exemple.
Le mode de culture est « raisonnée » et j’aimerai plutôt dire réfléchi et durable. Une équipe de 25 personnes sont chaque jour dans la vigne pour soigner le jardin armés de pioches, sécateurs, cisailles, etc. Il s’agit d’obtenir des raisins sains à belle maturité. Toutes les opérations sont manuelles, nous explique Daniel Brunier. C’est ici que cela commence : chaque pied de vigne est propre et demande un soin précis. Il faut tailler, ébourgeonner, vendanger en vert, effeuiller, traiter, etc. Les traitements sont méthodiques et l’emploi de substances fortement contrôlé. On se refuse à un traitement bio car l’élimination du cuivre en excès serait trop difficile à opérer. La gestion de l’eau est une préoccupation : ici, il nous faut 500 ml par an. Nos vignes sont remarquablement drainées et la rétention d’eau en couche superficielle est excellente. S’il ne pleut pas l’été, ce n’est pas un souci. En revanche, nous avons une gestion de l’eau de lavage qui est draconienne.
La vinification et l’élevage sont des opérations dans lesquelles nous souhaitons être le moins interventionniste possible. « Au moins on en fait dans la cave, au mieux le vin est fait». Nous estimons que pour conserver leur fraîcheur, nos vins doivent pouvoir être le moins manipulé possible : ici pas de filtrage ni collage. L’élevage se fait 24 mois pour chacun de nos vins. Nous ne faisons qu’un seule mise en bouteille et cela dure 30 jours. Le vin est un produit de terroir !
Le réchauffement climatique n’est pas un souci au domaine. La vigne s’adapte : « nous avons la chance d’être sur de beaux terroirs et d’avoir de vieilles vignes. Le système racinaire est profond et les plantes souffrent peu de sécheresse relative que l’on peut observer. Nous adaptons le système de culture pour aider la vigne à se protéger ».
Sur le Gigondas
Cherchant à comprendre ce qui a poussé la famille Brunier à faire l’acquisition du domaine Les Pallières, on nous explique que le Gigondas est une appellation plus difficile à vinifier que le Châteauneuf du Pape. Le Gigondas souffre d’une réputation de vins austères et rustiques. Nous avons la chance d’avoir des parcelles exposées plein Nord et en légère altitude. Nos vignes sont de 70 ans pour Les Racines et de 40 ans pour les Terrasses du Diable. Nos méthodes de vinification sont les mêmes que pour nos Châteauneuf du Pape. A la dégustation, nous avons le plaisir de découvrir un vin aux tannins étonnamment fins, racés et d’une belle complexité en bouche. C’est un très beau vin de garde aux notes épicées.
La dégustation
Nous avons eu la chance de déguster toute la palette des vins du domaine dans les millésimes récents. Le souvenir des Vieux Télégraphe blancs et rouges sont encore inscrits dans nos papilles. La dégustation du millésime 2000 du Vieux Télégraphe rouge fût un moment d’exception : arrivé juste en maturité, ce vin dispose encore de belles années de garde possible. Le nez est puissant et persistant. Les arômes de chocolat noir et de griottes compotées se mêlent. La complexité de ce vin se révèlera avec les âges. Amateur de vin de garde – vous êtes avertis !
Qui ne connait pas le Bandol ? C’est le rosé roi de l’été et des vacances. Ce vin que certains domaines prestigieux comme OTT ou le Château de Pibarnon ont rendu célèbre au-delà de nos frontières. Le Bandol, c’est une appellation de 1,500 ha dans la région Provence. L’organisation syndicale locale est très active pour protéger les intérêts des quelques 56 producteurs locaux, imposer des normes strictes et les inciter à élever la qualité du vin. Ici, le Mourvèdre est le cépage dominant sur cette appellation ; celui-ci doit rentrer dans 50% minimum des cuvées de Rosé ou de Rouge. Le rosé représente 80% de la production des vins de Bandol. Les rouges sont généralement des vins de longue garde grâce aux sous-sols du Crétacés, ère secondaire à dominance calcaire.
Le domaine de Terrebrune (30 ha) est situé sur une anomalie géologique, puisque les sous-sols sont issus de très vieux calcaires de l’ère tertiaire, le Trias (idem au Château Petrus – Pomerol). Les roches en décomposition forment un socle idéal pour la vigne : elles retiennent merveilleusement bien l’humidité et laissent les racines s’enfoncer profondément jusqu’à 6 mètres. Par endroit, on trouve des traces d’oxyde de fer. L’argile du sol constitue un complément idéal pour la culture des mourvèdres, cinsault et grenache. Ce terroir permet la production d’un vin d’une grande finesse dont la trame tannique est souvent moins forte que celle des Bandol rouges typiques.
Ce domaine situé à Ollioules, produit majoritairement du vin rouge (80% de la production du domaine). C’est un vin rouge de garde par excellence, avec un potentiel de vieillissement exceptionnel. Le mourvèdre entre pour 85% dans la composition du vin. Le Bandol est finalement l’appellation reine du vin de Mourvèdre.
Monsieur Delille nous emmène visiter ses vignes et nous explique comment le Mourvèdre est un cépage complexe à cultiver, cépage à maturité tardive, délicat, capricieux et particulièrement sensible aux maladies de la vigne (mildiou et oïdium). Il réclame de l’humidité mais s’accommode de sécheresse estivale, de l’ensoleillement mais aussi de la fraicheur, etc. Ici les vignes regardent la mer, distante à moins de 4 kilomètres et ouvertes par une trouée, que le Mistral emprunte pour ventiler et sécher la plante. Ce mistral qui sèche les vignes de l’air marin et permet d’éviter justement les attaques de Mildiou.
A Terrebrune, on consacre la majorité des efforts à la vigne : « Il nous faut une matière première de haute qualité. La reconversion biologique a été réalisée assez tôt et le domaine en est pionnier dans l’appellation. Ce n’est pas chose facile », nous confie le patron des lieux : « il faut constamment surveiller la vigne, mais nous avons gagné en longueur et en finesse. Je cherche à faire des vins dans lesquels s’expriment le terroir. Cela passe par le respect du sol : nous faisons les labours à la main de sorte que les matières organiques soient les plus riches possibles ».
« La qualité passe par un contrôle des rendements que nous fixons entre 38 et 40 hl par ha. Nous pratiquons régulièrement les vendanges en vert sur chacun des cépages ».
S’agissant du réchauffement climatique, Monsieur Delille admet qu’il faut s’adapter, mais que globalement c’est un facteur favorable pour le Mourvèdre qui demande une relative chaleur en fin de saison, pour offrir un potentiel phénolique le plus élevé possible.
Car le domaine est spécialisé dans le vin de garde : l’élevage de 18 mois en foudre consiste en une lente micro-oxygénation. L’oxygène fourni par le bois est cette fois-ci nécessaire pour fixer les matières colorantes et les tanins dans le vin.
La dégustation des vins du domaine :
Domaine de Terrebrune Blanc est un assemblage de clairette (50%), Ugni et Bourboulenc. Produit à hauteur de 10 000 bouteilles par an, c’est un vin de moyenne garde, parfaitement adapté pour les poissons grillés.
Le Domaine de Terrebrune Rouge dégustés dans les millésimes 2007, 2006, 2004 et 1994. Voir la vidéo de John Euvrard.
Le Domaine de Terrebrune Rosé dégusté dans les millésimes 2008 et 1997 (arômes de pain d’épice et de caramel au lait). Une sacré surprise.
Le domaine accueille les visiteurs sur visite. Un petit restaurant attenant au domaine vous permettra de déguster ces vins de gastronomie de la meilleure façon possible.
Delille à Bandol, quelle longueur !
Qui dit Beaujolais, dit Beaujolais nouveau ? Le succès fulgurant de ce produit, qui est devenu au fil des ans un véritable évènement marketing planétaire, copié depuis une quinzaine d’années par d’autres appellations, aura probablement nui à cette région. La production de vin de Beaujolais est en régression et les producteurs sont incités à arracher. Le produit Beaujolais, dont l’image est trop souvent associée à ce vin léger et fruité est sans doute devenu trop cher pour trouver une place de choix dans cette compétition internationale du vin.
Et pourtant, nombreuses sont les maisons qui s’intéressent à cette région ! La maison Louis Jadot fut l’une des premières à s’implanter en achetant dès 2000, le Château des Jacques, à Romanèche-Thorins. Depuis de célèbres maisons comme notamment Bouchard, Faiveley et Latour s’y sont installées.
Alors découvrons comment Guillaume de Castelnau, le directeur du Château des Jacques réussi à faire des vins d’exception.
Le Château des Jacques est un domaine de 75 ha comprenant 10 ha de Chardonnay, 27 ha de Morgon, 2 ha de Chenas et 35 ha de Moulin à Vent. Les deux Moulins à Vent élaborés au domaine sont plantés sur des sous-sols granitiques contenant également du quarz, du grès rose, du saprolithe et des traces d’oxyde de manganèse. Il s’agit de sols à haute vibration, nous explique Mr de Castelnau : le quartz est une pierre de soleil (élément feu) et l’argile qui la recouvre (roche dégradée) est pauvre en matière organique. Cette caractéristique de vibration est importante pour comprendre la nature de notre vin.
Contrairement au Morgon, pénétrant et masculin, le Moulin à Vent est un vin féminin. A la dégustation, notre hôte nous décrit, verre à la main, ce vin qui vous emplit et vous accueille. C’est un vin fait de délicatesse et de finesse. C’est la terre qui lui donne son caractère ! « Car, ici, voyez vous, la terre et le cépage ont une histoire de vie commune depuis des siècles : ils se sont adaptés l’un à l’autre – ils sont interconnectés».
Le Gamay fût le cépage de référence dans tout l’est de la France, jusqu’à ce qu’en 1440, alors que la France entre dans une période glaciaire, le Duc de Bourgogne ordonne de délaisser ce cépage au profit du Pinot Noir, plus adapté pour ce nouveau climat. Le Beaujolais au sud et la Loire à l’ouest deviennent de véritables frontières avec la Bourgogne.
Le vivant, au cœur des priorités du domaine
« Ici le mode de culture est adapté à la vigne. Nous avons entamé une reconversion biologique, certaine et adaptée », nous précise le directeur du domaine. « Les jeunes vignes sont d’emblée en mode bio, tandis que les
plus anciennes, sont sevrées dès que possible de leurs médicaments habituels. La culture biologique est nécessaire, car c’est elle qui installe le vivant. La vigne doit être cultivée dans un sol de qualité où les micro-
organismes sont là pour gérer la vie de la plante. C’est le règne animal qui offre à la plante la matière dont elle a besoin pour se nourrir et créer à son tour les protections naturelles de la plante. C’est la résurrection de l’écosystème : la vie ! De la même façon, ce sont les levures naturelles qui sont responsables de la transformation du jus de raisin en vin. »
« Comme toute matière vivante, le vin dispose d’une sorte de patrimoine génétique. C’est dans cet esprit, que je demande à mes chefs de culture de mettre dans leur travail du positif. Il faut apporter au sol du bien être, afin qu’en retour, la plante fasse des grappes de grande qualité l Le vin est essentiellement à base d’eau : ce produit est très sensible aux vibrations. Il a une mémoire. Donnons lui ce qu’il ya de meilleur, afin qu’il offre auconsommateur bien être et bonheur ».
Car telle est bien la philosophie de Guillaume de Castelnau : l’homme, le règne animal doivent agir de façon positive et juste sur le sol, puis sur la plante, de telle sorte que le vin devienne pour l’homme source de bienfait et de plaisir.
La production d’un grand vin
Guillaume de Castelnau n’a pas étudié l’œnologie, mais entamé une carrière de wine-maker à Meursault dès 1993, lorsqu’il a quitté la carrière militaire. C’est auprès des meilleurs qu’il est allé chercher les bonnes pratiques, pour se forger alors sa propre vision du vin.
Le plus grand soin, bien sûr, est apporté à la vendange. Récoltées à la main les grappes sont triées et nettoyées des insectes par une table vibrante : puis la meilleure matière première est égrappée et livrée à la cuve.
Faire un vin, c’est comme créer un être vivant. De la destruction du raisin apparait la matière qui donnera naissance au vin. « Ici les macérations (la création), sont longues de 3 à 4 semaines. Puis, ce sera le pressurage et l’élevage. L’élevage correspond à la gestation du vin. A l’abri dans son fût (tel un œuf dans sa coquille), le vin prend lentement son empreinte finale. Les fûts reposent eux-mêmes à l’abri dans une cave voutée à température constante. Les conditions sont idéales pour cocooner ce vin et le préparer à une douce et longue vie. Puis, c’est la naissance du bébé –la mise en bouteille. C’est une période traumatisante pour le vin ». « Avant de choisir le moment opportun, je consulte les ruches » nous explique Mr de Castelnau. « C’est indispensable que les bonnes vibrations de la nature participent positivement à cet évènement majeur : il en va de la qualité de mon vin ! ». Puis, le vin traverse différentes phases dans sa vie : c’est un être vivant !
Sur la question du réchauffement climatique.
Guillaume de Castelnau estime que le cépage Gamay s’adapte particulièrement bien à l’élévation de la température. D’ailleurs, les derniers millésimes et notamment les 2000, 2005 et 2009 sont de grandes réussites. La chaleur de fin Août et début Septembre apporte la maturité phénolique nécessaire à la production d’un grand gamay de garde. Puis, il nous explique que la vigne est une plante remarquable, qui a survécu tant de siècles, qu’elle sera capable de s’adapter, surtout si le soin nécessaire au sol est adapté.
« Le millésime 2009 produit par le Château des Jacques aura un potentiel de garde quasi-illimité. C’est un vin exceptionnel et nous comptons sur ce phénomène pour éveiller l’attention de tous les amateurs de vins. Les crus de Beaujolais sont de grands vins. Nous nous organisons pour cela. »
Cavissima, bien sûr relayera ces informations. En tant que voisin, nous sommes particulièrement intéressés par ce vignoble.
Visionnez la vidéo de dégustation du Clos de Rochegrès 2007 par John Euvrard.
Visionnez la vidéo de présentation de Louis Jadot
Thierry Goddet
A moins de 20 km, au sud ouest de Saumur, se trouve le village de Brossay. Nous sommes à quelques encablures de Doué-Les-Fontaine, connu pour ses magnifiques rosières et surtout son sol de turron calcaire qui produit les pierres blanches des châteaux, abbayes, églises de la région. C’est ici que l’on trouve également des maisons troglodytiques, à voir absolument : les fameuses maisons et galeries creusées dans le calcaire. C’est sur ce sol de tuffeau que l’on produit les vins de Saumur, Saumur Champigny, Vouvray et Montlouis notamment. Le calcaire est apprécié pour la fraicheur qu’il apporte au vin, nécessaire à la garde.
Mais le Château de Fosse Sèche est justement une enclave dans ce terroir, une exception. Le domaine couvre 45 ha, dont 17 ha de vignes : il est quasiment entièrement ceint par des haies et deux belles forêts de chêne. La grande spécificité du domaine réside d’abord dans cette micro curiosité géologique. Le plateau de Brossay est composé d’un sol jurassique ne contenant pas de calcaire libre, mais des pierres de silex et de l’oxyde de fer piégés dans cette grave de silex en complète dégradation. L’autre particularité est le léger dénivelé du terrain. Les vignes sont en coteaux de pente douce bénéficiant d’une exposition fraîche (55 mètres au dessus de la mer), fortement venteuse. C’est l’association de ce clim
at frais et de ce sol chaud (silex) qui donne aux vins du domaine leur droiture si particulière.
Le vignoble de Fosse Sèche remonte au moyen âge. Au plus fort de son existence, le domaine comptait plus de 400 ha de vignes et peut s’enorgueillir d’avoir donné naissance au début du
20ème siècle au désormais célèbre Cabernet d’Anjou. Il n’a jamais disparu, mais c’est en 1998 que Guillaume Keller et sa famille en font l’acquisition. Cette famille, courageuse et travailleuse, entreprend sans relâchela réfection du domaine et lui redonne des lettres de noblesse d’un tout autre genre.
Les premiers efforts de Guillaume sont consacrés au vignoble. Il met en place une agriculture de type biologique et reçoit le label « Ecocert ». Pour autant, il refuse de porter la mention AB sur ces bouteilles. Ce label selon lui, ne valorise pas assez le travail accompli ! Le patrimoine est également progressivement rénové et notamment le Pigeonnier datant du 16ème siècle. En 2007, le domaine procède à d’importants investissements visant à améliorer et fiabiliser la qualité du vin. Un pressoir et des cuves inox sont achetés.
Guillaume Keller est un innovateur passionné et exigeant. Les idées ne lui font pas défaut et il les met en œuvre. Sans cesse il élabore de nouvelles cuvées, essaye, abandonne,
revient en arrière. Il se donne à fond dans son travail et cherche à mieux faire pour la qualité de ses vins. D’une nature généreuse et humble, il saura vous montrer, non sans fierté le domaine.
Le vignoble est planté de :
- 9 ha de Cabernet Franc : cépage rouge à maturité tardive. Celui ci donne au vin souplesse et finesse et offrira des arômes de violettes et de framboise
- 3 ha de Cabernet Sauvignon : cépage rouge à maturité encore plus tardive. Il complète à merveille le Cabernet Franc et lui apporte une trame tannique plus dense, un potentiel de vieillissement et une certaine mâche en bouche. Il complète avantageusement la palette aromatique avec des mûres et des myrtilles.
- 5 ha de Chenin utilisé pour l’élaboration des vins blancs. C’est un cépage tardif qui offre des arômes de coing et de citronnelle. Vinifié en sec, le chenin donne un excellent Saumur Blanc AOC –cuvée les Arcanes, ou vendangé par tries successives et après obtention de pourritures nobles, il permet la production d’un vin moelleux extra – Les Tries de la Chapelle.
Au domaine de Fosse Sèche, le choix de la date de vendange est crucial, explique Guillaume Keller. « Nous travaillons sur des rendements faibles, car nous cherchons une grande homogénéité entre les raisins. Il nous faut une matière première d’une belle maturité tant au niveau du jus que du potentiel phénolique. Je cherche à obtenir des jus d’une
très belle profondeur, respectant un certain équilibre entre acidité et concentration. Je surveille de très près les raisins et dès que le signal est donné la vendange doit être récoltée le plus vite possible. Nous avons recours pour cela aux machines. Nos vinifications sont soft et nous recherchons à faire des vins de terroir en priorité ».
La vinification est courte pour la cuvée Eolithe (3 à 5 jours) et à basse température (17 à 19°C), suivie d’une longue fermentation de 7 mois en barriques pour 40% du volume et en cuve pour le reste. « Je recherche avant tout à élaborer des vins tendus avec une faible extraction, de type minéral et à l’allonge remarquable. »
La Réserve du Pigeonnier est issue de rangs de vignes plus âgées, dont le rendement est de 12 hecto à l’hectare (contre 23 pour l’Eolithe). Ici la cuvaison est conduite à plus basse température (14 – 15°C) et pour une durée de 17 à 21 jours. L’élevage sera nettement plus long et le bois un peu plus présent. Ce vin est un vrai vin de garde, un produit d’exception. Un grand vin !
Mais, au-delà de la remarquable qualité des vins qu’elle produit, la famille Keller est entrée dans une démarche de réhabilitation de l’écosystème. C’est là que commence la vraie notion de plaisir, nous explique Guillaume. « Moi, j’ai grandi en Afrique de l’Ouest, et je ne peux imaginer de beaux produits sans belle culture. IL faut réhabiliter l’activité paysanne, la vraie. C’est pourquoi, nous avons 20 ha de luzerne bio pour la production de fourrage animal et un jour, nous aurons des chèvres, pour y confectionner du fromage de chèvre bio. Bien sûr les excréments seront utilisés pour faire le compost naturel. J’espère que nous pourrons investir : cela dépend des récoltes à venir».
« De plus, nous entretenons plus de 5 ha de jachères polliniques avec plus de 25 espèces de fleurs sauvages. La logique de ce mélange veut que les plantes mellifères attirent les insectes pollinisateurs. Quand aux légumineuses, elles fixent l’azote de l’air dans la terre. Ces plantes ameublissent et aèrent le sol, attirent les insectes auxiliaires (coccinelles, papillons, etc.) et relâchent les graines pour les oiseaux. La population des abeilles et de la faune sauvage se reconstituent. On a creusé un étang pour les poissons, libellules, batraciens, canards et hérons. Tout le domaine est classé LPO (Ligue de protection des oiseaux) dans le but de protéger ces oiseaux sauvages : chouettes, rapaces, chauves-souris, hirondelles….Le cycle vertueux de l’écosystème se remet en route, celui générée par la véritable activité paysanne ».
L’objectif de Guillaume est de pouvoir générer suffisamment de revenus pour assurer le financement de puits en Afrique. «Nous sommes un pays riche, il faut donner à l’Afrique. Si je peux contribuer à mon échelle à faire profiter les autres, je serai heureux. C’est en tout cas mon but».
Comment raconter ce lieu, cette famille, l’âme de ce domaine, la pureté et la précision des vins ? On peut en tout cas les découvrir, ils vous attendent, prenez rendez-vous, vous ne le regretterez pas…..
Thierry Goddet
Le
ROC est le domaine de la famille RIBES qui depuis 1974 s’attache à révéler la personnalité d’un terroir très particulier. Retrouvons ici l’histoire de cette famille et vivons avec eux la passion qui les anime.
Quelques 25 km au nord de Toulouse, dirigez vous vers Montauban en direction du Tarn pour y découvrir ses terrasses. C’est ici que vous accèderez au royaume de la Négrette. C’est le Fronton ou une appellation d’origine contrôlée qui couvre 1830 ha sur plusieurs communes réparties dans les départements de Haute-Garonne (31) et Tarn-et-Garonne (82) :
Bouloc, Castelnau-d’Estrétefonds, Fronton, Saint-Rustice, Vacquiers, Villaudric, Villematier, Villemur-sur-Tarn, Villeneuve-lès-Bouloc , Bessens, Campsas, Canals, Dieupentale, Fabas, Grisolles, Labastide-Saint-Pierre, Montbartier, Nohic, Orgueil, Pompignan
Les premiers ceps de vignes du frontonnais ont été plantés par les Romains, mais la Négrette, cépage typique de l’appellation Fronton, n’apparaît qu’au XIIème siècle. A cette époque, les vignes étaient la propriété de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, plus tard Ordre de Malte. Les Chevaliers ont implanté un cépage rapporté de Chypre, appelé « Mavro » (du grec μαύρο, qui signifie noir) dans leur commanderie. Au fil des ans, le « Mavro » devint « Négrette ».
Cépage principal des vins rouges et rosés, la Négrette entre obligatoirement pour 50 % dans l’encépagement de l’appellation Fronton. C’est ce cépage fin et délicat, aux arômes subtils de violette, de fruits rouges et de réglisse, qui donne aux vins de Fronton leur personnalité et leur charme.
La famille RIBES
C’est en 1981, que l’ainé des frères RIBES, Jean Luc quitte l’école pour travailler au domaine familial. Sans expérience, il ne se fait pas petit pour autant. Il bouleversa même l’ordre établi, puisqu’il décide de laisser l’herbe dans la vigne. C’était alors un pionnier de l’enherbement et veille sur sa vigne sans relâche : quand la vigne va, le raisin est beau. Jean Luc est chargé de la culture des 24 ha du domaine. Quand il ne travaille pas sa terre, il gratte sa guitare et chante Brassens.
Frédéric, le cadet a étudié les mathématiques, la biochimie, et l’œnologie. C’est à lui que revient la charge des vinifications. Il impose la Syrah comme composant mineur des vins du ROC en soutien de la Négrette et donne ainsi naissance au Don Quichotte. « J’aime son fruit immédiat, ses tannins fins, son subtil équilibre, sa spiritualité… ».
L’épouse de Frédéric, Catherine est l’administrative et la cheville commerciale du domaine. Intuitive et passionnée, elle aime participer aux choix des assemblages. C’est la caution féminine de ce domaine. Un ciment indispensable à la belle humeur et au plaisir du travail.
Pierre Salma, lui arrive en 1993 au Roc. Tout de suite il s’associe aux deux frères pour planter et agrandir le domaine. Il participe au travaux de la vigne et à la cave.
Le Domaine et ses vins
C’est un vignoble de 24 ha entièrement enherbé : objet d’une observation curieuse et attentive. Les vinifications sont parcellaires. Le sol et sous-sol sont faits de boulbènes et marnes caillouteuses pour donner au vin une forte générosité. Les cépages sont : la Négrette, la Syrah, le Cabernet et le Cabernet Sauvignon.
Le domaine produit :
- La Cuvée Réservée (Négrette, Syrah, Cabernet) fait l’objet d’un élevage en barrique pendant 1 an.
- La Cuvée Don Quichotte (Négrette, Syrah) fait l’objet d’un élevage de 18 mois en foudres et en barriques. Le bois est à peine perceptible. C’est un vin de garde d’une grande fraicheur et d’une grande franchise.
- La Cuvée Classique (Négrette, Syrah, Cabernet et Cabernet Sauvignon) sur le fruit.
- Le Rosé (Négrette, Syrah, Cabernet) vinifié en saignée. C’’est un rosé de gastronomie.
La fabuleuse histoire de trois grands producteurs de la Vallée du Rhône qui font renaître de ses cendres le célèbrissime et oublié terroir de Seyssuel !
C’est Pierre Gaillard, le premier des trois qui s’est rendu sur les coteaux de Seyssuel. Il voulait voir la terre. Les anciens de Ternay (commune située entre Lyon et Vienne) lui racontaient dans sa jeunesse que ce vignoble abandonné était autrefois l’un des meilleurs de la région. Il avait d’ailleurs profité de ses études à Beaune pour retrouver les écrits de l’historien Olivier de Serres, dans la grande encyclopédie – le Théatre de l’Agriculture. Il retrouve alors les textes de Pline l’Ancien et se fait adresser les écrits de Faugères de Saint Fons (1650) sur ce fameux vignoble, et confirme que les Vins de la région de Seyssuel étaient parmi les plus prestigieux de tout l’Empire Romain. Au 17ème siècle, ils étaient jugés de qualité supérieure à ceux de la Côte Rôtie. Du temps des Romains, les vins portaient le nom de Taburnum, Sotanum et Heliucum.
Pierre Gaillard en parle alors à François Villard, son ami. Tous deux retournent inspecter les coteaux et procèdent à une petite étude du sol et du sous-sol. Ils confirment leurs observations : un sol composé d’argile et de schistes et un sous-sol de mica-schistes merveilleusement orientés, une exposition plein sud avec le soleil depuis la première heure de la journée, et un micro-climat que favorise la largeur du Rhône et la déclivité du coteau sur cette boucle du Rhône, protégée des vents du Nord. Voici des conditions idéales, pour faire du vin d’exception !
Car voyez, nous ne sommes qu’à une vingtaine de kilomètres de Lyon, sur la rive gauche du fleuve. Depuis l’autoroute A7, tournez la tête et retrouvez le château de l’Archevêque en ruine au milieu des vignes. C’est ici le cœur du vignoble de Seyssuel !
Comment explique-t-on le lent déclin de ce vignoble ?
Au 19ème siècle, les vins de Seyssuel sont très réputés. Ils se vendent à Lyon. Ce sont des vins de qualité. Ils sont chers à la vente et chers à la production. Le coteau fait parfois 50° et le travailler demande d’être attaché. Le phylloxera n’épargnera pas ce vignoble. Il faudra le reconstruire. Dans cette région, on choisit alors de replanter en pieds hybrides plutôt que de procéder à de la greffe de Syrah sur pied américain. On abandonne progressivement les coteaux pour cultiver les plateaux. Malheureusement la qualité des vins obtenus n’est plus au rendez-vous et dans ces années d’après guerre, l’autoroute met Vienne à 20 minutes de Lyon. Le prix du foncier s’élève et ces terres sont vendues. On y abandonne progressivement la culture de la vigne.
Le pari fou de trois grands hommes du vignoble septentrional
Un soir de mai 1996, Pierre Gaillard, François Villard et Yves Cuilleron se retrouvent pour un dîner entre professionnels et néanmoins amis. Et là, l’idée germée se transforme en projet. Nos trois producteurs de vins, dont la célébrité n’était alors que naissante, poussés par la passion, l’audace et l’envie de mener un projet d’amis, décident d’unir leur force et reconstruire le vignoble de Seyssuel ! Ils créent la Société des Vins de Vienne, se battent comme des damnés pour acheter un premier lopin de terre, et se mettent à bosser week-end et jours de semaines comme des fous. Ils arrachent, défrichent, creusent des chemins à coup de dynamite, et plantent les premiers pieds de vignes. Le terrain est hostile, la pente sévère. Qu’importe, ce n’est pas pire qu’en Condrieu ou en Côtes Rôtie !
La belle partie de l’histoire réside dans le fait que nos amis ont réussi à faire triompher la mise en commun de leur expérience et des méthodes de travail par un processus de décision consensuel. En effet, quel cépage planter sur quelle parcelle ? Quel type de pied planter ? Quelle méthode d’agriculture adopter ? Quelle taille ? Voici des centaines de décisions à prendre sur des questions clés, qui en final donneront le résultat attendu : un vin de qualité. Les trois vignerons ont partagé à livre ouvert leurs expériences et profitent énormément en retour de cette collaboration. Les Vins de Vienne sont pour chacun d’entre eux une plateforme collaborative. Quelle modernité !
La première vendange est récoltée en 1998. Cette première cuvée est déjà exceptionnelle de concentration et d’élégance. Depuis la qualité ne cesse de s’améliorer. Les premières bouteilles sont portées dans les grands restaurants étoilés de la région, et les sommeliers de Point, Bocuse, Georges Blanc et d’autres ne s’y trompent pas. Ils font rentrer des bouteilles de ce vin de haute qualité et commencent à le proposer aux amateurs éclairés.
La naissance d’un grand domaine
Dans un premier temps, le domaine des Vins de Vienne compte 11ha de vignes réparties sur plusieurs parcelles entre Seyssuel et Vienne. Les vins sont vinifiés dans un premier temps, chez l’un ou chez l’autre. Pour obtenir une assise financière plus solide, les Vins de Vienne font l’acquisition de 5 à 6 ha de terres supplémentaires en Condrieu, Côtes Rôties et Saint Joseph. Depuis ils achètent également le raisin de producteurs en Saint Joseph, Hermitage, Saint-Peray, Côtes du Rhône, Chateauneuf du Pape et Gigondas.
E n 2009, un investissement majeur voit la création d’une unité de production, de mise en bouteille et de chais de stockage ultra-modernes à Chavanay. Tout est pensé dans les moindres détails pour favoriser la qualité, simplifier la manutention, l’entretien et la réduction des coûts. Les cuves de tailles variables sont conçues parfois en inox parfois en béton en fonction des vins. Les chais de stockage des rouges et des blancs sont à température dirigée. Ici, nous sommes prêts à faire du parcellaire et du volume, nous indique Denis Chorot le responsable du domaine. Nous avons la capacité de produire 350 000 bouteilles.
L’œnologue Pascal Lombard est ici actif comme un directeur technique. Prodiguant ses conseils sur les méthodes de culture, il participe aux décisions importantes dans la vigne. Dans la cuverie, il défini les procédés pour chaque vin et mène les analyses qui lui permettront de faire évoluer de manière positive à l’élévation de la qualité.
Doit-on dire vins de Seyssuel ou Terres de Viennae ?
La question se pose d’autant plus que l’aventure lancée par Pierre Gaillard, François Villard et Yves Cuilleron est maintenant imitée par 7 autres producteurs, dont la maison Chapoutier. Tous travaillent pour obtenir de l’INAO la reconnaissance de ce terroir, qui devrait s’appeler « Vins de Seyssuel ». Ce vignoble pourrait compter jusqu’à 120 ha dans le futur (taille de celui de Condrieu). Le processus sera long.
En attendant, les trois cuvées proposées par les Vins de Vienne, que nous feront inscrire au catalogue de Cavissima sont :
- Le Taburnum : pur Viognier sur schiste, il est élevé pendant 18 mois et offre une palette aromatique d’une grande précision et d’une grande richesse. Il est moins minéral qu’un Condrieu et plus abricot et orange confite. C’est un vin de garde par excellence. Goûtez la différence !
- L’Heliucum : pure Syrah sur schiste. C’est le vin obtenu de jeunes vignes de 5 à 6 ans. C’est le petit frère du Sotanum avec une concentration plus faible. Il dispose déjà d’une belle trame tannique et d’une jolie profondeur en bouche. C’est déjà un remarquable vin de garde.
- Le Sotanum : obtenu sur les meilleurs côteaux du vignoble avec les vignes initialement plantées entre 1996 et 2000. C’est un vin d’une grande concentration et d’une grande élégance. A goûter absolument en dégustation à l’aveugle avec un grand vin de la Côte Brune !
La dégustation au domaine
- Les vins blancs
- Saint-Joseph Blanc – L’Elouède 2008 – 80% de Marsanne et 20% de Roussane
- Saint-Peray – Les Bialières 2008 – 70% de Marsanne et 30% de Roussane.
- Saint-Peray - L’Archevêque 2008 – 18 mois d’élevage
- Seyssuel – Taburnum 2008 – Viognier / 18 mois d’élevage.
- Condrieu 2008 – Viognier .
- Les vins rouges
- Remiage
- Côte du Rhône AOC – Les Craillets 2007
- Saint Joseph 2007 – Syrah 100%
- Seyssuel – Heliucum 2007 – Syrah 100%
- Seyssuel – Sotanum 2007 – Syrah 100%
- Hermitage – Les Chirats 2007
- Chateauneuf Du Pape 2007
Véritable coup de projecteur sur un vin et son producteur, la rubrique Carnet de Voute est un focus sur un domaine et ceux qui font le vin. Prolongez la découverte sur la page Facebook et le site cavissima.com pour compléter votre connaissance sur ce vin.
Si le vigneron choisi ses cépages et travaille le sol qui lui est confié, les conditions climatiques forment l’aléa qui donnera au vin son profil définitif. Chaque vigneron met en place des tactiques : méthode de culture, vendanges, pressurage, vinification, puis élevage.
Le vin est sans aucun doute le reflet de la personnalité de son producteur : ses croyances, ses méthodes, ses doutes et certitudes. Les grands vins sont faits par de grandes femmes ou de grands hommes. Aussi, je vous propose d’aller à la rencontre de ceux qui font les meilleurs vins de France, de suivre leur pas et comprendre leurs principes et désirs.
Carnet de Voute relate les rencontres mensuelles entre John Euvrard, Meilleur Ouvrier Sommelier de France 2007, Thierry Goddet, et les grands producteurs de vins de garde français.
Carnet de Voute, c’est aussi l’occasion pour l’équipe de Cavissima® de :
- connaître les évolutions aux domaines (acquisitions, investissements, changements dans les méthodes de culture et de vinification, etc.)
- déguster les vins avec son producteur et continuer à évaluer les Best After et les Best Before.
Si le reportage vous a plu, nous vous invitons à le commenter.
Vous pouvez également continuer la visite sur les médias suivants :
- la page Facebook : les photos du domaine, des hommes et femmes, les moyens techniques
- la boutique de Cavissima® : la vidéo de dégustation et l’offre promotionnelle. Si vous connaissez ce produit, nous vous invitons à laisser votre avis dans la page produit et en faire profiter nos clients.
Les Héritiers du Comte Lafon – 28 Octobre 2009
Dominique Lafon, qui depuis 1984, conduit avec brio le célèbre Domaine des Comtes Lafon à Meursault (Côte d’Or), s’est lancé depuis quelques années dans un pari extraordinaire. Avec l’appui des membres de sa génération, les descendants du Comte Lafon, Il décide d’acheter en 1999, quelques 7 ha de vignes et un cuvier à Milly-Lamartine dans le Haut Mâconnais. Il fonde le Domaine des Héritiers du Comte Lafon.
Le 28 Octobre dernier, Dominique Lafon accueille John Euvard et l’équipe de Cavissima au domaine, en compagnie de Lionel Valcauda, Thomas Raynaud et Philippe Schilling de l’agence Dégustation Sélection ainsi que Frédéric Schaaf, caviste à Ecully (69).
La visite commence par la présentation du domaine et des méthodes de culture.
Dominique Lafon : « les premières vignes achetées ici l’ont été sur les recommandations de l’un de mes amis. J’étais à l’époque incapable de choisir une parcelle et de comprendre la valeur ou le potentiel des terres qui m’ étaient proposées. Le vignoble du Mâconnais est d’une grande complexité, avec ces vallons, ses expositions diverses, ses sols et sous sols. Par chance le premier lot que j’ achète contient le célèbre Clos du Four – l’un des plus anciens vignobles de cette appellation, plantés par les moines de Cluny. »
Comment aborder la vinification en terra incognita ?
A force de se promener dans la région, d’arpenter les vallons et coteaux, de déguster la production des uns et des autres, le Comte Lafon explique qu’il a progressé dans la lecture du potentiel que recèle chacune de ces terres, dans la compréhension des différents sols, dans l’influence que peut avoir la Saône sur le vignoble, et tout autre paramètre qui donneront au vin son caractère génétique qu’il convient pour le vigneron talentueux de révéler.
De la même façon, par l’expérimentation et le travail, lui et son jeune chef de domaine, Caroline Gon, nous confient qu’ils commencent à mieux comprendre comment vinifier les différents climats et leur offrir le meilleur de leur expression ; l’expression de leur terroir. On imagine bien que tel est en fait l’un des principaux défis et plaisirs de cette aventure : arriver à adapter les meilleures vinifications pour chacune de ces cuvées et leur donner l’expression qu’ils méritent.
Pour quoi êtes vous allés dans le Mâconnais ?
A la question qui revient sans cesse, j’obtiens plusieurs réponses. Lorsque nous foulons le sol plus rocailleux des superbes rangées de vignes du Clos de la Crochette, voici ce que nous lance Dominique Lafon:
« Ce qui me plait dans le vin que nous faisons ici, c’est que c’est du vin à boire sur la fraîcheur, sur le fruit, dans sa jeunesse… Nous sommes aux antipodes de Meursault, là où le vin est acheté par des collectionneurs, un vin qui reste en bouteille et qui ne sera pas nécessairement bu. A Macon, nos vins ne peuvent se garder aussi longtemps, et sont sans commune mesure moins chers. Nos clients les boivent et cela me procure du plaisir».
Puis, en nous montrant le magnifique panorama typique du Mâconnais avec ces coteaux, ces vallons, ces clochers clunisiens, ces couleurs pâles et ocres, cette lumière un brin voilée de cette fin d’octobre, Dominique Lafon s’exprime encore : « Comment voulez vous que le vin ne soit pas bon ici, lorsque les paysages sont si beaux et si paisibles ? Le vignoble est ici autrement plus joli ici qu’en Côte d’Or ! »
Les Héritiers du Comte Lafon sont respectés dans cette région du sud de la Bourgogne par les producteurs locaux. Ici à Milly Lamartine, la gestion du domaine est distincte de celle de Meursault. Les tracteurs s’achètent d’occasion et tous les investissements sont âprement évalués. D’ailleurs, le cuvier met en œuvre les demi-muids assez anciens, hérités du précédent propriétaire et traditionnellement utilisés dans cette région. Pas question de dupliquer les procédés de Meursault : Dominique Lafon souhaite respecter les usages locaux et utiliser les procédés et équipements propres au Mâconnais.
Quelle culture pratique-t-on à Milly Lamartine ?
Par exception, le seul apport technique en provenance de la Côte d’Or réside dans la mise en place dès le début de l’entreprise, d’une agriculture biologique, puis assez rapidement une évolution vers la bio-dynamie. Dominique Lafon et ses équipes confirment qu’ils savent maitriser ce type de culture. Pour eux, il s’agit d’être sans cesse présent dans les vignes pour détecter et traiter une attaque au mildiou. La bio-dynamie permet d’avoir, année après année, une terre plus saine, plus aérée, riches en éléments et dont la capacité de rétention d’humidité est plus élevée ; les résultats sont très rapides. La terre prend une autre couleur, moins terne et plus souple. Les raisins sont beaux et le vin obtenu offre une structure plus intéressante, avec notamment un nez plus fin, une longueur en bouche supérieure, et une diversité accrue de la palette aromatique.
Dominique Lafon est un apôtre de la bio-dynamie. Il a converti également avec succès l’un des domaines qu’il consulte dans l’Oregon.
Perspective
Lorsque nous abordons la question du réchauffement climatique, Dominique Lafon précise : « Nous constatons bien sûr, une élévation des températures et notamment un avancement sensible des dates de vendanges,. Pourtant, nous ne sommes pas inquiêts. Nous saurons trouver des solutions à ce problème, et continuer à faire des vins d’excellence ».
Ce sujet est de toute évidence une préoccupation et nous pouvons compter sur la faculté d’anticipation de cette maison pour échafauder d’ores et déjà un plan stratégique.
Dominique Lafon se rend chaque jour de la semaine dans son vignoble de Macon, où il passe le plus clair de la matinée à évaluer les programmes de travail, à observer ses rangs de vignes, et à suivre les cuvées. Ce domaine est devenu une partie importante de son activité, à telle enseigne qu’il vient de terminer la négociation d’une nouvelle vigne merveilleusement bien située sur le grand domaine de Viré-Clessé. La vigne d’environ 3 ha, qu’il prend en exploitation est dans un état médiocre par rapport à celles que nous avons vu à Chardonnay et à Milly-Lamartine. Il nous emmène la voir : nous considérons ce sol nettement plus argileux que celui du Clos du Four et même du Clos de la Crochette. Aussitôt sa passion l’anime : « D’ici un à deux ans, le travail de nos ouvriers permettra d’avoir un résultat de haute qualité. [...] ici la terre est riche, nous allons faire de beaux vins ». Puis Il s’enflamme encore en nous expliquant qu’il imagine déjà les vinifications qu’il mettra en œuvre pour extraire la quintessence de ce clos. Ses yeux se ferment…. Nous avons tous hâte d’y être.
La dégustation.
Au cours de la dégustation au chai, nous avons pu tester tous les produits de la gamme des Héritiers du Comte Lafon, dans les millésimes 2007 et 2008 :
- Macon-Milly Lamartine
- Macon-Bussières
- Macon-Uchizy
- Macon-Chardonnay -Clos de la Crochette
- Macon-Milly Lamartine-Clos du Four
Retrouvez John Euvrard pour une dégustation online du Clos du Four 2008, sur le site de Cavissima.
Tout d’abord, parlons lieu de stockage…
Il existe plusieurs formules pour organiser le stockage du vin : le stockage de proximité et le stockage à distance (cave mutualisée). Les deux solutions peuvent d’ailleurs tout à fait se combiner. Le stockage de proximité étant réservé aux vins de consommation immédiate, d’un prix plus bas, à boire dans leur jeunesse (rosés, majorité des blancs, Champagne, vins de pays, etc.). Le stockage à distance pour le mûrissement des vins de garde positive, souvent plus chers, nécessitant des garanties quant aux conditions de garde et à la sécurisation du lieu.
- Le stockage de proximité : deux choix s’offrent au consommateur.
o L’armoire réfrigérante. Il existe une variété de marques disponibles sur le marché, avec des niveaux de prix très différents. J’attire votre attention sur la technicité requise pour réaliser une armoire à vin de haute qualité et fiable, et de l’attention nécessaire avant l’achat d’une armoire en fonction des vins et de leur prix. On a vu trop souvent des vins geler en raison d’un dysfonctionnement du système de régulation de température… Les leaders sur ce marché ont terriblement fait évoluer la fiabilité de leur système pour éviter les gels et réduire au maximum les vibrations. Ils disposent d’une gamme très large avec des capacités allant de 250 bouteilles à 32 bouteilles. La petite « SoWine », développée par Eurocave est un modèle réduit à mettre dans votre cuisine pour conserver deux bouteilles entamées.
o La cave enterrée. Reste pour ceux qui ont une maison, le moyen le plus économique, dès lors que cette cave à vin offre toutes les caractéristiques requises de température et d’hygrométrie, mais aussi de ventilation. Plusieurs spécialistes peuvent vous fournir le cube complet de cave dans des matériaux adaptés, lors de la construction de votre maison. D’autres peuvent vous fournir la climatisation et les matériaux d’isolation.
- Le stockage à distance des bouteilles de vins. C’est la solution idéale pour les vins de garde, car elle combine l’avantage d’offrir la sécurité de vos bouteilles, une absence de vibration, et un stockage propice en toutes circonstances climatiques au mûrissement des grands crus. Vous pouvez confier ces bouteilles dès l’achat des caisses et attendre le moment propice pour vous faire expédier les vins. Il existe plusieurs formules disponibles à des prix différents. Le stockage à distance est certainement à ce jour le meilleur rapport qualité/prix pour les vins de valeur. Vérifiez toutefois auprès de votre stockeur les conditions d’assurance et de remboursement avant de procéder à une sélection.
















Club Oenologie Lyonnais
Shanghai Wine Society
Le Du's Wine