Articles avec le tag ‘vins bio’
Ne mélangeons pas tout ! Si la mention « Vin Bio » fait l’objet d’une certaine réserve de notre part, il n’en est pas de même s’agissant des vins issus de l’agriculture biologique. En voici une explication !
Dans les années 60, les fabricants d’engrais ont mis en place des campagnes marketing et commerciales extraordinaires pour organiser la promotion des pesticides et fertilisants chimiques. Les méthodes étaient géniales, car elles permettaient d’avoir un rendement assuré (ou presque) avec des traitements assez simples. Fini les labours et les passages incessants. La mécanisation permettant aux vignes d’être traitées contre les pucerons, mauvaises herbes, champignons, etc.
De nos jours, l’ensemble des populations qui cultivent les vignes sont conscientes des limites et des ravages provoqués par l’agriculture dite industrielle. Les écoles et organismes de formation, les chambres d’agriculture, les syndicats professionnels, et autres organismes se chargent d’informer et d’instruire les vignerons et viticulteurs pour mettre en place des méthodes plus en rapport avec l’écologie. On parle alors d’agriculture raisonnée ou d’agriculture biologique. Nous sommes tous gagnants sur cette évolution. La mise en œuvre  d’engrais et pesticides chimiques appelle une augmentation continuelle des doses. Les terrains sont gorgés de substances que le ruissellement naturel n’arrive plus à éliminer.
Ici encore, nos discussions dans le vignoble français, nous permettent d’affirmer que la quasi-majorité des producteurs de vin de qualité (et notamment de vin de garde) ont réalisé, sinon entamé une reconversion ! Certains terroirs se prêtent mieux que d’autres à l’application de ces méthodes appelées Agriculture Raisonnée (Label Terra Vitis), Agriculture Biologique (Label Ecocert) et Agriculture en Biodynamie (Label Demeter).
Une large partie des vignobles de Champagne, de la Loire, les Grands Châteaux du Bordelais sont passés à l’agriculture biologique, et pour certains d’entre eux à la biodynamie. L’inéluctable  contagion se propage.
De façon générale, les producteurs de vin en pratiquant une agriculture biologique ont vu une amélioration sensible de la qualité de leur produit fini. Les labours et les lignes d’herbe que l’on voit repousser entre les rangées de vignes forcent les racines à puiser plus profondément dans le sol.  Les racines s’enfonçant profondément vont chercher dans le sous-sol  ce qu’ils trouvent de mieux et chargent le fruit en matière concentrée. Les coccinelles et papillons sont de retour et s’occupent d’éliminer les pucerons et autres matières vivantes nuisibles à la vigne…. La vie est de retour et le vin meilleur – il redevient encore plus le reflet d’un sous-sol et d’un terroir.
Mieux encore, les terres sont plus aérées et la rétention d’eau ou d’humidité est supérieure. Les sols se protègent mieux des stress hydriques que nous réserve le réchauffement climatique.
Last, but not least, les engrais de substitution coûtent moins cher que les engrais chimiques. Mais s’agissant d’un bilan économique, il convient de rester prudent. La mise en œuvre d’une agriculture « écologique » exige souvent une présence plus significative dans la vigne et des couts de main d’œuvre plus élevés.

De nombreux clients nous réclament des vins bio et souhaitent d’ailleurs que nous ayons une rubrique Vins Bio à la boutique.
Nous comprenons bien la finalité et l’intérêt du consommateur pour ce produit. Mais comment voyons-nous la chose chez Cavissima ?
Tout d’abord, il convient de noter que l’INAO a annoncé la préparation d’une toute première version de ce qui sera le cahier des charges de la norme « Vin Bio » ! En effet à ce jour n’importe qui peut déclarer son vin, sous ce vocable, les règles ne sont pas encore définies. Les seules normes Bio qui existent s’attachent à la viticulture. Nous le verrons plus loin.
Souvent une confusion est faite entre « Vin Bio » et « Vin Naturel ». Pour déclarer son « Vin Naturel », un producteur de vin doit nécessairement éviter l’ajout de sulfites. Les sulfites sont des substances que l’on retrouve à l’état naturel dans le vin, mais une concentration plus importante permet de « stabiliser » le vin. C’est un antiseptique et un antioxydant qui retarde le vieillissement prématuré du vin. Il n’existe pas de substitut moins toxique à cet agent qui a, de tous les temps été utilisé. Autrefois les vins trop sulfités étaient responsables d’un mal de crâne.
Il faut noter, que depuis une bonne dizaine d’année, la quantité de sulfites mise en œuvre dans les vins de qualité supérieure (AOC, IG, etc.) a été fortement réduite. Ces vins font à présent l’objet de travaux menés par des œnologues et des laboratoires. D’une part, on a appris à mieux en doser la quantité, d’autre part on sait mieux quand l’introduire et comment le combiner au vin pour optimiser son efficacité. Aujourd’hui la mention « contains sulfites » ou « contient des sulfites » est obligatoire. Un logo représentant une femme enceinte est associé à cette mention. La contre-étiquette servira souvent à loger ces indications.
Notons bien que les mêmes sulfites se retrouvent dans les produits alimentaires sous un numéro E220, dans des proportions équivalentes à celles du vin, et que pour ces produits la mention « contient des sulfites » n’est pas obligatoire sur l’emballage !
A mon goût, un vin sans sulfite est rarement bon. Imaginez du pain sans sel ! Selon nos informations, la future norme sur les vins BIO autorisera l’utilisation des sulfites et en fixera la limite. Et bien cher lecteur, soyez rassurés ! Tous les producteurs de vins que nous avons visité et interrogé certifient être déjà largement en dessous du futur seuil toléré. La qualité est au cœur des priorités de nos producteurs.
Buvons peu, buvons bien !

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