Vins Bordeaux primeurs 2015
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Publié le 25 janvier 2010 Dans : A la découverte du monde du vin Avec 1145 Vues

Domaine des Héritiers du Comte Lafon

Cavissima améliore vos connaissances sur le vin  avec la rubrique Carnet de Voute  !

Véritable coup de projecteur sur un vin et son producteur, la rubrique Carnet de Voute est un focus sur un domaine et ceux qui font le vin. Prolongez la découverte sur la page Facebook et le site cavissima.com pour compléter votre connaissance sur ce vin.

Si le vigneron choisi ses cépages et travaille le sol qui lui est confié, les conditions climatiques forment l’aléa qui donnera au vin son profil définitif. Chaque vigneron met en place des tactiques : méthode de culture, vendanges, pressurage, vinification, puis élevage.

Le vin est sans aucun doute le reflet de la personnalité de son producteur : ses croyances, ses méthodes, ses doutes et certitudes. Les grands vins sont faits par de grandes femmes ou de grands  hommes. Aussi,  je vous propose d’aller à la rencontre de ceux qui font les meilleurs vins de France, de suivre leur pas et comprendre leurs principes et désirs.

Carnet de Voute relate les rencontres mensuelles entre John Euvrard, Meilleur Ouvrier Sommelier de France 2007, Thierry Goddet, et les grands producteurs de vins de garde français.

Carnet de Voute, c’est aussi l’occasion pour l’équipe de Cavissima® de :

– connaître les évolutions aux domaines (acquisitions, investissements, changements dans les méthodes de culture et de vinification, etc.)

– déguster les vins avec son producteur et continuer à évaluer les Best After et les Best Before.

Si le reportage vous a plu, nous vous invitons à le commenter.

Vous pouvez également continuer la visite sur les médias suivants :

–  la page Facebook : les photos du domaine, des hommes et femmes, les moyens techniques

–  la boutique de Cavissima® : la vidéo de dégustation et l’offre promotionnelle.  Si vous connaissez ce produit, nous vous invitons à laisser votre avis dans la page produit et en faire profiter nos clients.

dominique lafon

Les Héritiers du Comte Lafon – 28 Octobre 2009

Dominique Lafon, qui depuis 1984,  conduit avec brio le célèbre Domaine des Comtes Lafon à Meursault (Côte d’Or),  s’est lancé depuis quelques années dans un pari extraordinaire.  Avec l’appui des membres de sa génération, les descendants du Comte Lafon, Il  décide d’acheter  en 1999, quelques 7 ha de vignes et un cuvier à Milly-Lamartine dans le Haut Mâconnais. Il fonde  le Domaine des Héritiers du Comte Lafon.

Le 28 Octobre dernier, Dominique Lafon accueille John Euvard et l’équipe de Cavissima au domaine, en compagnie de Lionel Valcauda, Thomas Raynaud et Philippe Schilling de l’agence Dégustation Sélection ainsi que Frédéric Schaaf, caviste à Ecully (69).

La visite commence par la présentation du domaine et des méthodes de culture.

Dominique Lafon :  « les premières vignes achetées ici l’ont été sur les recommandations de l’un de mes amis. J’étais à l’époque incapable  de choisir une parcelle et de comprendre la valeur ou le potentiel des terres qui m’ étaient proposées. Le vignoble du Mâconnais est d’une grande complexité, avec ces vallons, ses expositions diverses, ses sols et sous sols. Par chance le premier lot que j’ achète contient le célèbre Clos du Four – l’un des plus anciens vignobles de cette appellation, plantés par les moines de Cluny. »

Comment aborder la vinification en terra incognita ?

A force de se promener dans la région, d’arpenter les vallons et coteaux, de déguster la production des uns et des autres, le Comte Lafon explique qu’il a progressé dans la lecture du potentiel que recèle chacune de ces terres,  dans la compréhension des différents sols, dans l’influence que peut avoir  la Saône sur le vignoble, et tout autre paramètre qui donneront au vin son caractère génétique qu’il convient pour le vigneron talentueux de révéler.

De la même façon, par l’expérimentation et le travail, lui et son jeune chef de domaine, Caroline Gon,  nous confient qu’ils commencent  à mieux comprendre comment vinifier les différents climats et  leur offrir le meilleur de leur expression ; l’expression de leur terroir. On imagine bien que tel est en fait l’un des principaux défis et plaisirs de cette aventure : arriver à adapter les meilleures vinifications pour chacune de ces cuvées et leur donner l’expression qu’ils méritent.

Pour quoi êtes vous allés dans le Mâconnais ?

A la question qui revient sans cesse, j’obtiens plusieurs réponses. Lorsque nous foulons le sol plus rocailleux des superbes rangées de vignes du Clos de la Crochette, voici ce que nous lance Dominique Lafon:

« Ce qui me plait dans le vin que nous faisons ici, c’est que c’est du vin à boire sur la fraîcheur, sur le fruit, dans sa jeunesse… Nous sommes aux antipodes de Meursault, là où le vin est acheté par des collectionneurs,  un vin qui reste en bouteille et qui ne sera pas nécessairement bu. A Macon, nos vins ne peuvent se garder aussi longtemps, et sont sans commune mesure moins chers. Nos clients les boivent et cela me procure du plaisir».

Puis, en nous montrant le magnifique panorama typique du Mâconnais avec ces coteaux, ces vallons, ces clochers clunisiens, ces couleurs pâles et ocres, cette lumière un brin voilée de cette fin d’octobre, Dominique Lafon s’exprime encore : « Comment voulez vous que le vin ne soit pas bon ici, lorsque les paysages sont si beaux et si paisibles ? Le vignoble est ici autrement plus joli ici qu’en Côte d’Or ! »

Les Héritiers du Comte Lafon sont respectés dans cette région du sud de la Bourgogne par les producteurs locaux.  Ici à Milly Lamartine, la gestion du domaine est distincte de celle de Meursault. Les tracteurs s’achètent d’occasion et tous les investissements sont âprement évalués.  D’ailleurs, le cuvier met en œuvre les demi-muids assez anciens, hérités du précédent propriétaire et traditionnellement utilisés dans cette région. Pas question de dupliquer les procédés de Meursault : Dominique Lafon souhaite respecter les usages locaux et utiliser les procédés et équipements propres au Mâconnais.

Quelle culture pratique-t-on à  Milly Lamartine ?

Par exception, le seul apport technique en provenance de la Côte d’Or réside dans la mise en place dès le début de l’entreprise, d’une agriculture biologique, puis assez rapidement une évolution vers la bio-dynamieDominique Lafon et ses équipes confirment qu’ils savent maitriser ce type de culture. Pour eux, il s’agit d’être sans cesse présent dans les vignes pour détecter et traiter une attaque au mildiou.  La bio-dynamie permet d’avoir, année après année, une terre plus saine, plus aérée, riches en éléments et dont la capacité de rétention  d’humidité est plus élevée ;  les résultats sont très rapides. La terre prend une autre couleur, moins terne et plus souple. Les raisins sont beaux et le vin obtenu offre une structure plus intéressante, avec notamment un nez plus fin, une longueur en bouche supérieure, et une diversité accrue de la palette aromatique.

Dominique Lafon est un apôtre de la bio-dynamie. Il a converti également avec succès l’un des domaines qu’il consulte dans l’Oregon.

Perspective

Lorsque nous abordons la question du réchauffement climatique, Dominique Lafon précise : « Nous constatons bien sûr, une élévation des températures et notamment un avancement sensible des dates de vendanges,. Pourtant, nous ne sommes pas inquiêts.  Nous saurons trouver des solutions à ce problème, et continuer à faire des vins d’excellence ».

Ce sujet est de toute évidence une préoccupation et nous pouvons compter sur la faculté d’anticipation de cette maison pour échafauder d’ores et déjà un plan stratégique.

Dominique Lafon se rend chaque jour de la semaine dans son vignoble de Macon, où il passe le plus clair de la matinée à évaluer les programmes de travail, à observer ses rangs de vignes, et à suivre les cuvées. Ce domaine est devenu une partie importante de son activité, à telle enseigne qu’il vient de terminer la négociation d’une nouvelle vigne merveilleusement bien située sur le grand domaine de Viré-Clessé.  La vigne d’environ 3 ha, qu’il prend en exploitation est dans un état médiocre par rapport à celles que nous avons vu à Chardonnay et à Milly-Lamartine. Il nous emmène la voir : nous considérons ce sol nettement plus argileux que celui du Clos du Four et même du Clos de la Crochette. Aussitôt sa passion l’anime : « D’ici un à deux ans, le travail de nos ouvriers permettra d’avoir un résultat de haute qualité. […] ici la terre est riche, nous allons faire de beaux vins ». Puis Il s’enflamme encore en nous expliquant  qu’il imagine déjà les vinifications qu’il mettra en œuvre pour extraire la quintessence de ce clos.  Ses yeux se ferment…. Nous avons tous hâte d’y être.

La dégustation.

 

Au cours de la dégustation au chai, nous avons pu tester tous les produits de la gamme des Héritiers du Comte Lafon, dans les millésimes 2007 et 2008 :

–          Macon-Milly Lamartine

–          Macon-Bussières

–          Macon-Uchizy

–          Macon-Chardonnay -Clos de la Crochette

–          Macon-Milly Lamartine-Clos du Four

Retrouvez John Euvrard pour une dégustation online du Clos du Four 2008, sur le site de Cavissima.

fiche autheur Thierry Goddet

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